Internet, culte ou outil de recherche ?

- 15h03 - Maroc - Ecrit par : L.A

Au Maroc, l’appropriation d’Internet en tant qu’outil éducatif et de communication a marqué l’entrée de notre pays dans l’ère de l’information. L’environnement social, économique et socioculturel se trouvent désormais touchés par ce nouveau canal de communication. Les jeunes, assoiffés d’innovations technologiques et de maitrise des outils d’information dernière génération, se trouvent attirés par ce nouveau moyen. C’est de là , donc, qu’est venue la nécessité des cybercafés. Ces lieux de « connexion » à l’information se sont multipliés sur les artères de toutes les villes, se concentrant surtout à proximité des établissements scolaires.

Ainsi, Internet est devenu un moyen de distraction, de recherche mais également une fenêtre ouverte pour les jeunes sur les autres pays et les autres cultures. Néanmoins, si l’Internet est devenu pour les uns un moyen de faciliter les recherches, pour d’autres, cet outil est passé en tête des nécessités pour rendre ses utilisateurs de vrais accros .

« Depuis mon entrée à la faculté, je me suis familiarisé avec l’Internet lorsque je faisais des recherches pour mes cours. Depuis, c’est devenu un outil indispensable à la fois pour mes recherches, mais aussi pour le divertissement ; je suis devenue accro au « chat », je ne peux plus passer plus de deux jours sans consulter ma boîte de messages et sans dialoguer avec mes amis », déclare Fatima.

Cette jeune étudiante n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Sur soixante personnes interrogées, 55 personnes déclarent consacrer la majorité de leur temps de connexion, à dialoguer sur le Net et à télécharger de la musique, mais rarement aux recherches scientifiques ou littéraires entrant dans le cadre de leurs études.

Illustration. Ali, lycéen de 18 ans, déclare que « n’ayant pas de connexion à Internet à domicile, je passe la majorité de mes soirées dans les cybercafés du quartier. En somme, je navigue sur le Net deux à trois heures pas jour, et pour faire « économique », j’opte pour les abonnements de 10 heures qui me permettent de minimiser un peu les frais ».

En effet, l’abonnement par heures est devenu un moyen, pour les cybercafés, de fidéliser leur clientèle en leur offrant un accès à l’Internet sur la base d’un forfait par heures de connexion. Un système avantageux qui devient encore plus rentable lorsque le client est un « surfeur accro ». En chiffres, sur les soixante personnes consultées, quarante personnes avouent passer en moyenne dix heures connectés par semaine et ne jamais dépasser plus de deux jours sans consulter leurs boîtes de mails. Quatorze personnes soulignent que la moyenne de leur temps de connexion par semaine est de six heures, alors que six personnes naviguent sur Internet pour une durée de deux heures par semaine ou moins.

L’Internet, source d’information inépuisable, s’est développé depuis sa « venue au monde ». Les services offerts ne cessent d’évoluer. Jeux, musique à écouter et même à télécharger, téléphonie, fils d’informations en temps réel. Même les amoureux des nouveautés hollywoodiennes y trouvent leur compte. « J’ai toujours été attiré par les nouveautés cinématographiques et musicales. Internet me permet de consulter les dernières créations, mais aussi de les télécharger. Il est vrai que cela prend beaucoup de temps, mais j’avoue avoir constitué une vraie base de données, j’ai même pu graver mes films et mes chansons préférés », déclare Issam, étudiant de vingt-deux ans. Mondialisation oblige.

Chaque jour cet outil de communication se fait important voire nécessaire que ce soit pour communiquer ou pour effectuer des recherches. Même le commerce se fait de plus en plus « On line ». Mais le point le plus alarmant reste que si son utilisation, par la majorité des jeunes sondés pour télécharger ou écouter de la musique, se lier d’amitié avec des gens du monde entier, la recherche scientifique ou littéraire et le temps consacré à cette activité semblent venir en dernière position dans les préoccupations et les motivations des jeunes interrogés.

Aujourd’hui le Maroc - Majda Saber

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