Code de la route : Karim Ghellab s’explique

- 19h42 - Maroc - Ecrit par : L.A

Après la grève des transporteurs et la suspension du nouveau code de la route, Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports, continue à faire l’actualité en essayant de dissiper les malentendus, lors de l’émission radiophonique "Pile & Face" diffusée mercredi soir sur les ondes de RTM chaîne Inter.

Il s’agit d’expliquer "les vrais fondements des réformes du nouveau code et ne pas tomber dans la désinformation et les slogans généraux qui ont circulé autour de ce code" a déclaré le ministre lors de l’émission radiophonique.

Détermination

Le jeune ministre semble plus déterminé que jamais à faire adopter ce texte quitte à faire de nouvelles concessions et à y introduire de nouveaux amendements. "Je suis serein et confiant dans l’importance de ce texte dans la mesure où il répond à une problématique extrêmement importante pour le citoyen, c’est l’insécurité routière."

Il rappelle que son Ministère travaille sur ce sujet depuis près de 5 ans car il est injustifiable d’être encore soumis à un texte datant de 1953.

Dans l’élaboration de ce texte, le gouvernement a essayé d’être le plus consensuel possible. D’ailleurs, M. Ghellab a indiqué que "Le gouvernement a associé tous les groupes parlementaires. Nous avons accepté tous les amendements présentés par l’opposition (100% des amendements du Mouvement Populaire et de l’Union Constitutionnelle et 50% du PJD) et le texte a été adopté à 85% des voix.".

Pourquoi cette polémique ?

M. Ghellab y voit une exploitation électoraliste et politicienne : "s’il y a eu une grève à quelques mois des élections communales, il y a eu également en 2007, une grève à quelques mois des législatives, dans le but malheureusement d’affaiblir le gouvernement ou un parti politique. Pour créer de la mobilisation contre ce texte, beaucoup de mensonges ont été diffusés. Et si les gens réagissent aujourd’hui dans la rue, ils le font sur la base de fausses informations. Comme ces tracts disant qu’en cas de récidive d’excès de vitesse ou un feu rouge brûlé on peut aller en prison. C’est totalement faux".

Et d’ajouter "on a tendance à penser que tous les professionnels se sont révoltés, alors que c’est faux. Il y a eu seulement six syndicats grévistes sur 21, qui ont signé l’ensemble des communiqués. Il y a eu des dépassements (jet de pierres, intimidations, séquestration de la gare de Ouled Ziane). Les autres transporteurs étaient arrêtés par peur uniquement et non par solidarité ".

Pour sa part, Mohamed Moubdie, Président de la Commission des secteurs productifs à la Chambre des Députés et membre du Mouvement Populaire affirme que "ce texte nécessite encore plus de débat et que la réaction de la rue n’est pas sans raison".

Le volet de la discorde

Mais le volet qui pose plus problème est relatif à la condamnation à des peines de prison suite à un accident de la circulation. Sur ce sujet, M. Ghellab affirme que "dans tous les pays du monde, quand il y a mort ou blessure, suite à un accident, la référence générale est le code pénal. Les sanctions de prison qui existent aujourd’hui, sont maintenues en cas d’accident, ni plus ni moins. Tout le reste, relève de l’exploitation politicienne".

En guise de conclusion, M Ghellab a affirmé que "le texte n’est pas parfait, mais tous ensemble, malgré les dissensions majorité/opposition, on devrait plaider l’intérêt général et travailler pour ce texte parce qu’il vise à sauver la vie de 11 personnes par jour. Le gouvernement est aux côtés de la Chambre des Conseillers, des groupes de la majorité et de l’opposition pour apporter les changements nécessaires à ce texte. J’ai accepté au nom du gouvernement 275 amendements et je suis disposé à en accepter d’autres. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas reçu de demandes précises de réformes ou d’amendements. Les syndicats doivent sortir de la généralité et entrer dans le détail des amendements à proposer".

Source : Au fait Maroc - Younes Foudil

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