Latifa Raâfat déstabilise les accusés au tribunal
Le procès en appel de l’affaire de l’« Escobar du Sahara » (de son vrai nom El Hadj Ahmed Ben Brahim, dit le « Malien », détenu depuis 2019) se poursuit à Casablanca. La chanteuse marocaine Latifa Raafat était présente pour témoigner.
À la dernière audience, la confrontation entre Latifa Raâfat, l’ex-épouse du Malien Ahmed Benbrahim, principal accusé dans l’affaire « Escobar du désert » et plusieurs principaux accusés, en l’occurrence l’ancien parlementaire Saïd Naciri, l’homme d’affaires Abdenbi Bioui a été vive. Livrant son témoignage, la chanteuse a affirmé qu’elle n’avait jamais vu Ahmed Benbrahim transporter des sacs en plastique remplis de millions, contrairement à ce qui avait été mentionné par la domestique dans les procès-verbaux d’audition. « Jusqu’à présent, je reste créancière de El Haj Ibn Brahim pour un montant de 320 000 dirhams, et je n’ai jamais constaté de transactions financières d’une telle ampleur comme cela a été colporté », a-t-elle précisé.
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À en croire Latifa, Toufiq Zentar se rendait à plusieurs reprises chez elle pour lui réclamer des sommes d’argent au profit d’Ahmed Ben Brahim. Selon elle, Saïd Naciri a franchi toutes les limites lorsqu’il a « porté atteinte à (sa) dignité devant les mondes arabe et occidental ». À la barre, celui-ci se dit surpris par les déclarations de la chanteuse. Selon lui, ce qui figurait dans les procès-verbaux de la Brigade nationale de la police judiciaire contredisait ses propos. « Le témoignage de Latifa Raafat aujourd’hui a rapproché la Cour de la vérité, et elle n’a évoqué ni sommes d’argent ni voitures, contrairement à ce qui a été consigné dans les procès-verbaux de la police judiciaire », a-t-il dit.
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Se prononçant sur le financement du festival artistique organisé dans la ville de Zagora, Naciri assure : « les artistes qui ont pris part au festival ont perçu leurs cachets directement de moi, et je n’ai reçu aucun soutien financier de la part d’El Haj Ibn Brahim, ni petit ni grand. » Il ajoute : « Je suis entré en prison injustement et faussement, sans flagrant délit ni preuves tangibles, et cela s’est uniquement appuyé sur des déclarations et des allégations qui ont été la cause directe de la privation de ma liberté. » Appelé à la barre, l’homme d’affaires Abdenbi Bioui apparaît s’appuyant sur sa canne. Il a catégoriquement nié tout lien avec les faits évoqués. « Je n’ai jamais rencontré Latifa Raafat auparavant, et tout ce qui concerne la villa California est faux », a-t-il affirmé.
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« J’ai remis la villa à El Haj Ibn Brahim pour une durée de quatre mois seulement, jusqu’à ce qu’il puisse acquérir une autre maison où il réside avec son épouse, l’artiste marocaine », a précisé Belkacem, apparaissant en larmes. Il assure qu’il n’avait aucune connaissance antérieure du Malien : « Je ne me souviens pas lui avoir remis personnellement les clés de la villa, et je n’ai jamais eu de relation directe avec cette personne auparavant. » Ces propos appellent une nouvelle intervention de Latifa. La chanteuse assure que ex-époux avait bel et bien l’intention d’acquérir des biens immobiliers au Maroc dans le but d’obtenir la nationalité marocaine. D’où la fréquence de ses déplacements et de ses relations dans ce domaine.