Villa California à Casablanca : l’acquisition repose sur une « fraude intégrale »

- 16h00 - Maroc - Ecrit par : Said A.

Le procès de l’affaire dite de la « Villa California » a connu un tournant décisif ce jeudi devant la Cour d’appel de Casablanca. Le substitut du procureur général a livré un réquisitoire accablant à l’encontre de Saïd Naciri, ancien président du Wydad, et de l’ex-parlementaire Kacem Belmir, affirmant que la cession du bien immobilier repose sur une fraude intégrale.

Le représentant du ministère public a déclaré que la villa n’a jamais appartenu légalement à El Kacem Belmir avant d’être cédée à Saïd Naciri. Il a qualifié les contrats de transfert de propriété et de paiement d’irréguliers, martelant que « ce qui est fondé sur le faux est faux ». Le parquet a pointé les incohérences du récit de Belmir, qui liait l’affaire à une demande d’hébergement formulée par le baron de la drogue Ahmed Ben Brahim lors d’une recherche de restaurant à Saïdia, une version jugée « dénuée de sens » et destinée à dissimuler des actes criminels.

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L’accusation a également démonté le contrat notarié du 17 juillet 2017. Ce document est considéré comme un « faux intellectuel » basé sur une procuration falsifiée. Le magistrat a souligné une anomalie financière majeure : le prix de vente mentionné en 2017 était identique à celui de 2013, ignorant totalement la flambée de l’immobilier dans ce quartier prisé durant cette période, ce qui exclut selon lui la bonne foi de l’acheteur.

Des chèques invalides et une société au capital dérisoire

Les éléments matériels présentés par le ministère public visent à prouver le caractère frauduleux de la transaction. L’acquisition a été réalisée au nom d’une société détenue par Naciri et son fils, dont le capital ne dépasse pas 100 000 dirhams, alors que la transaction porte sur 1,65 millions de dirhams. De plus, la société avait été domiciliée à l’adresse de la villa avant même d’en être propriétaire.

Le procureur a par ailleurs révélé que les chèques utilisés pour le paiement provenaient d’une société avec laquelle Saïd Naciri n’avait plus aucun lien depuis 2007, les rendant sans valeur probante. Qualifiant d’illogiques les explications sur l’ameublement de la villa avec des tapis iraniens, le magistrat a requis la condamnation des accusés pour l’ensemble des charges, ainsi que la confiscation des fonds issus du trafic de stupéfiants et la destruction des documents falsifiés.

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