Casablanca : un terrain public classé "espace vert" volé par une société privée
Une parcelle communale, initialement classée comme espace vert, s’est retrouvée enregistrée au nom d’une société privée sans qu’aucune décision officielle ne soit prise. Ce transfert de propriété “suspect”, découvert dans la zone de Aïn Sebaâ, a provoqué une tempête politique lors de la session extraordinaire du conseil communal de Casablanca ce mardi, les élus dénonçant un « scandale immobilier » et exigeant des comptes.
La révélation a pris de court l’assemblée. Personne ne semble savoir comment ce bien public a pu changer de mains, ni qui a autorisé cette mutation. Mostafa Haiker, du Parti de l’Istiqlal, a exprimé sa stupéfaction face à cette audace, rappelant les directives du ministère de l’Intérieur sur la protection du patrimoine foncier. Il a interpellé le bureau dirigeant sur la moralisation de la vie publique, alors que des accusations visent directement la gestion actuelle.
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Un membre du PJD a renchéri en demandant l’intervention immédiate de la justice, soulignant que « les documents ne se déplacent pas seuls ». De son côté, Mustapha Mandour (PPS) a réclamé la transmission du dossier au Parquet pour suspicion de dilapidation de fonds publics, exigeant de connaître l’identité des signataires de cet acte authentique.
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Mis en cause, Houcine Nasrallah, le vice-maire chargé des biens communaux, a réagi avec virulence. Il a nié toute implication de l’équipe actuelle, affirmant n’avoir reçu aucun document justifiant ce transfert.
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Adoptant un ton offensif, il a promis de récupérer le terrain : « Toute personne ayant usurpé un mètre carré des biens de la commune le restituera ». Il s’est également attaqué à ses détracteurs, lançant que « certains lancent des accusations mensongères parce que leurs intérêts ont été affectés », avant de qualifier certains acteurs de « brutes et vauriens de la politique ».