Al Omrane accusé d’avoir « avalé » 700 m² : un citoyen traîne l’État en justice
C’est le pot de terre contre le pot de fer. Un habitant de la région de Tanger a décidé de porter plainte contre la société Al Omrane devant le tribunal administratif. Il accuse le bras armé de l’État en matière d’habitat d’avoir amputé son terrain de près de 700 m² pour construire une route, sans aucune procédure légale ni indemnisation.
Le litige se déroule à Douar Ghdir Defla, dans la commune de Melloussa (préfecture de Fahs-Anjra). Selon le plaignant, la surprise a été totale : il a découvert que les engins d’Al Omrane avaient entamé des travaux d’élargissement de la route reliant la nouvelle ville de Chrafate au réseau provincial, en empiétant directement sur sa propriété. Au total, ce sont environ 690 mètres carrés qui auraient été “avalés” par le bitume sans que le propriétaire n’ait été consulté.
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Ce qui indigne le plaignant, c’est l’absence totale de respect des procédures. Selon ses dires, aucune notification ne lui a été adressée et aucun accord amiable n’a été recherché. Plus grave encore, il affirme que les autorités ont fait l’impasse sur la loi n° 7.81 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique. En clair : son terrain a été pris de force, sans décret d’expropriation et, surtout, sans le moindre centime d’indemnisation.
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Face à ce qu’il considère comme une atteinte grave à la propriété privée, le citoyen a saisi la justice administrative. Il réclame la nomination d’un expert pour évaluer officiellement la surface spoliée et sa valeur vénale. En attendant le verdict final sur le montant global des dommages, il demande une indemnité provisionnelle de 10 000 dirhams, se réservant le droit de chiffrer le préjudice définitif une fois l’expertise réalisée.