Le Maroc dans la nouvelle politique de voisinage de l’Union européenne

- 14h58 - Monde - Ecrit par :

L’Union européenne, par sa politique de voisinage, établit des programmes d’action spécifiques pour les voisins du sud. Y compris le Maroc. Mais avant, le Royaume devra rendre une bonne copie pour être ce "modèle régional" dont parlent souvent les partenaires européens.

À Europe nouvelle, voisins nouveaux. Le 1er mai 2004, l’Union européenne passera de 15 à 25 membres avec l’adhésion de 10 nouveaux pays : la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Lettonie, la Lituanie, l’Estonie, Chypre, Malte, la Slovénie et la Slovaquie. Ce qui signifie que l’Europe se retrouve aux portes de la Russie, aux limites des Balkans, et, si la Turquie rejoint l’Union, européenne pas loin de pays comme l’Irak ou même l’Iran !
D’où la nécessité de revoir sa politique de voisinage et jeter les bases d’un nouvel instrument de coopération étrangère. C’est dans ce cadre que Pasqualina Napoletano, députée du Parti Socialiste européen (PSE) et vice-présidente de la Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb, a présenté à Strasbourg –en novembre dernier- un rapport intitulé : " l’Europe élargie – Voisinage, un nouveau cadre pour les relations avec nos voisins de l’Est et du Sud".
Son objectif : parvenir, à travers un dialogue politique et institutionnel, à la création d’une zone paneuropéenne et méditerranéenne prospère, aux frontières sécurisées, qui partagerait la paix, la stabilité et le respect de la démocratie et des droits de l’Homme.

Investissements

C’est cette nouvelle stratégie que le Commissaire européen à l’Elargissement, Günther Verheugen, est venu présenter à Driss Jettou, les 4 et 5 février dernier. Car, si du côté du bassin méditerranéen, les relations ne datent pas d’hier, on annonce la création d’une assemblée parlementaire euroméditerranéenne mais aussi une fondation pour le dialogue des cultures. Une filiale à part entière de la Banque européenne d’Investis-sement (BEI) sur la base de l’actuelle Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) verra également le jour.
Lors de sa visite, le Commissaire Verheugen a expliqué que la nouvelle politique de voisinage “offre un soutien puissant aux réformes engagées par le Maroc pour moderniser son économie, sa société, ses institutions politiques et son administration ". Cependant, ils sont plusieurs à mettre un bémol aux objectifs annoncés. " De toute façon, le Maroc ne peut dire qu’Amen aux propositions venant de l’Union européenne. C’est une manière de nous faire oublier que les pays de l’Est seront désormais prioritaires des aides européennes " remarque cet observateur politique marocain.

Dialogue

De son côté, Yasmine Boudjenah, députée européenne socialiste et membre de la commission interparlementaire pour les relations
UE-Maghreb, s’inquiète de ne voir en cette politique de l’Europe élargie qu’une intégration des petits pays du grand marché européen, sans contrepartie. " C’est la logique du libre-échange qui prime et je pense que ça va accentuer le fossé entre les pays de l’Union et les pays hors-Union ".
D’ici fin mars, en tous cas, un plan d’action commun sera établi entre l’Union Européenne et le Maroc dans les domaines de l’énergie, du marché intérieur, de la justice et des affaires intérieures, du dialogue politique, mais aussi sur la recherche, l’éducation ou encore le dialogue entre les sociétés civiles. Ce dit plan sera présenté aux chefs d’Etat et de gouvernement européens en juin prochain. Ce qui signifie que le Maroc devra prouver qu’il est sur le chemin des réformes pour recevoir le soutien de l’Europe.
Si la récente réforme du Code de la famille a été saluée par les partenaires européens, d’autres actions concrètes sont attendues. Le Maroc devra rendre une bonne copie pour être ce "modèle régional" dont parlent souvent les partenaires européens. Mais avant, le Conseil d’association UE-Maroc se tiendra le 27 avril, à Luxembourg. Un dossier à suivre de près.

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