Le Maroc prend officiellement la présidence du G 77 et la Chine

- 10h31 - Maroc - Ecrit par :

Le ministre des Affaires étrangères M. Mohamed Benaïssa, a assisté jeudi après-midi au siège de l’ONU à New York, à une cérémonie au cours de laquelle il a reçu, au nom de SM le Roi Mohammed VI, la présidence du "Groupe des 77 et la Chine".

Cette cérémonie de passation de la présidence s’est déroulée en présence notamment du Président sortant du Groupe, le président vénézuélien Hugo Chavez, du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, de l’administrateur du PNUD, M. Malloch Brown et de nombreux chefs de délégation des Etats membres.

Lors de cette cérémonie, le Président Hugo Chavez a salué l’intérêt que SM le Roi Mohammed VI porte à la question du développement économique et social. Il a, par ailleurs, dressé le bilan de la présidence de son pays à la tête du groupe au cours de l’année écoulée et de son rôle lors de la conférence sur le financement de développement qui s’est tenue à Monterrey (Mexique) et le sommet de Johannesburg sur le développement durable.

M. Chavez, tout en exprimant sa conviction que le Maroc s’acquittera convenablement de sa mission pour défendre les intérêts du groupe lors des échéances à venir, a réitéré sa disponibilité à continuer d’oeuvrer pour la concrétisation des objectifs et des aspirations des pays en développement en vue de l’instauration d’un ordre économique plus juste et équitable.

Intervenant lors de la cérémonie, M Benaïssa a salué l’appui et l’engagement du Secrétaire Général de l’ONU et de l’Administrateur du PNUD pour faire avancer les causes du Groupe pour le développement et la paix dans un monde réconcilié avec lui-même.

Le plus grand défi qui se pose au G-77 consiste à s’adapter à la mondialisation, a ajouté M. Benaïssa, notant que si la mondialisation offre des chances réelles pour le développement, elle risque de marginaliser davantage les sociétés les plus vulnérables. Il est donc grand temps de remédier aux dysfonctionnements de l’économie mondiale et aux déséquilibres des structures internationales dans les domaines des finances, du commerce, des technologies et des investissements, afin que la mondialisation soit profitable à tous, a affirmé M. Benaïssa.

"Si le Consensus de Monterrey (Conférence internationale sur le financement du développement) a permis de forger une approche intégrée de la problématique du développement, il nous incombe désormais de rassembler nos efforts et unifier notre position pour garantir sa mise en oeuvre", a-t-il dit.

"Et même si le Plan de mise en oeuvre de Johannesburg (Sommet mondial pour le développement durable) ne répond pas totalement aux aspirations des pays en développement, il représente néanmoins un premier engagement ferme pour la réalisation des objectifs fixés par la Communauté Internationale depuis le Sommet de Rio", a souligné le ministre.

Pour ce qui est du Dialogue Nord-Sud, M. Benaïssa a insisté sur la nécessité de continuer à promouvoir avec le G8 un dialogue basé sur un esprit de partenariat et de corresponsabilité tout en prônant des solutions correctives aux problèmes économiques et sociaux internationaux.

Notant que les défis auxquels le Groupe fait actuellement face imposent le maintien et le renforcement de son unité et de sa solidarité, M. Benaïssa a réaffirmé que, durant son mandat, le Maroc ne ménagera aucun effort pour concrétiser cet objectif avec le précieux appui de tous les membres et asseoir les bases d’une position commune à l’égard des questions économiques internationales.

Le ministre a, par ailleurs, appelé à la poursuite des efforts pour la mise en oeuvre du Plan d’Action de la Havane par l’encouragement de toutes les initiatives et tous les programmes en vue du renforcement des relations Sud-Sud.

Dans ce cadre, il a annoncé que le Maroc espère accueillir, en décembre 2003, la Conférence de Haut niveau prévue par ledit programme et entend oeuvrer pour qu’elle représente une opportunité à même de revigorer les relations Sud-Sud.

Le Gouvernement marocain, a assuré M. Benaïssa, est déterminé à faire de cette Conférence à mi-parcours une réunion productive et réussie et le point de départ d’une nouvelle ère dans la coopération Sud-Sud et propose de la focaliser sur les thèmes suivants :

• L’évaluation des programmes d’action de Buenos Aires sur la coopération technique entre pays en développement et de Caracas sur la coopération économique entre pays en développement en vue de les actualiser et de les adapter au contexte mondial marqué par la globalisation, la libéralisation et la prédominance des technologies de l’information et de la communication,

• Le réexamen du Système Général des Préférences Commerciales entre pays en développement afin de le rendre plus performant,

• L’examen à mi-parcours des recommandations et décisions du Sommet de La Havane en vue de leur mise en oeuvre,

• La recherche des voies et moyens susceptibles de renforcer la coopération Sud-Sud au profit des PMA, notamment en Afrique, membres les plus vulnérables du Groupe, d’une manière qui puisse traduire dans les faits le principe de solidarité entre toutes ses composantes.

Pour ce qui est de la conférence de Doha sur les négociations commerciales multilatérales, M. Benaïssa a estimé que l’évolution de la situation économique mondiale, l’absence de progrès dans les négociations, de même que la montée préoccupante du protectionnisme risquent de compromettre la réalisation des objectifs de cette conférence.

Lors de l’année écoulée, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres des Nations Unies ont exprimé leur soutien au Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et ont reconnu que sa réussite dépendra également de l’appui des donateurs, a fait observer M. Benaïssa,

M. Benaïssa s’est réjoui de la création du bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés (PMA), les pays sans littoral et les petits Etats insulaires en développement, en espérant que l’établissement de cette structure permettra d’assurer la mise en oeuvre effective et coordonnée du nouveau Programme d’action en faveur des PMA pour la décennie 2001-2010.

Soulignant la nécessité d’une solidarité avec les PMA pour la mise en oeuvre du programme d’action en leur faveur, le ministre a rappelé la décision du Maroc d’annuler la dette des PMA d’Afrique et d’admettre en franchise leurs exportations sur le marché national.

Dans le domaine social et humanitaire, M. Benaïssa a indiqué qu’il importe d’assurer la mise en oeuvre effective des résultats de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance, tenue à Durban.

La même problématique domine l’exécution des engagements pris dans le cadre de la Déclaration de Copenhague sur le développement social et du Programme d’action dont l’objectif majeur est de placer l’être humain au centre du développement durable, a-t-il dit.

Libération Maroc

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