Les ambitieux investissements de Renault au Maroc

- 12h36 - Maroc - Ecrit par :

Le projet de voiture familiale L 90 de Renault au Maroc entre dans une phase décisive. C’est ce qu’explique à La Nouvelle Tribune, parmi d’autres choses, le PDG de Renault Maroc, M. Leonardo Pereira dos Santos.

M. Pereira dos Santos, où en est le projet industriel de Renault avec la Somaca, un an après sa privatisation ?
Le projet L90 Maroc se développe de façon tout à fait normale, en collaboration avec la Somaca, tant au niveau du timing que des perspectives, avec une bonne visibilité sur tous les aspects , tels que la qualité, les coûts et les délais. Il entrera bientôt dans sa phase opérationnelle et c’est M.Le Chevalier, qui était précédemment Sous-Directeur de l’usine Renault de Cléon, en Normandie, qui vient d’être nommé pour prendre en charge la direction du projet L 90 Maroc.
L’une des toutes premières missions de M. Chevalier a été de discuter du schéma directeur du projet et des aménagements nécessaires pour que la Somaca se mette en condition de l’accueillir. Il s’agit de l’agencement des lignes de montage de la L90, qui constituera l’essentiel de la production de la Somaca, mais aussi de celles qui continueront à monter d’autres véhicules, Renault ou Peugeot-Citroën.
Les travaux nécessaires et conséquents à la réalisation du nouveau réaménagement de la société de montage marocaine seront réalisés durant l’arrêt prochain de l’usine, cet été.

Est-ce Renault Maroc qui va engager tous les investissements (260 millions de dirhams) de cet aménagement comme vous vous y êtes engagés dans l’accord signé avec l’Etat marocain ?

Je voudrais rappeler que les investissements de la Somaca se distinguent en capacitaires et spécifiques. Les premiers sont propres à la Somaca et se rapportent à l’infrastructure commune alors que les seconds sont réalisés par chaque marque pour ses propres voitures. On dira donc que le "capacitaire" appartient à la Somaca, tandis que le "spécifique" reste la propriété de chacune des sociétés participantes. Donc, le spécifique, c’est-à-dire les investissements nécessaires à notre modèle, seront déployés, à hauteur des 260 millions de dirhams pour la réalisation de notre projet de production du véhicule familial L90.
Il est d’usage dans le métier que les investissements spécifiques soient matérialisés par des machines et équipements qui restent la propriété de l’investisseur et qui sont mis à la disposition de la Somaca.
Bien sûr, il y aura des investissements communs à tous les partenaires de Somaca. À l’arrêt de l’usine, cet été, l’essentiel des réaménagements porteront sur le projet de montage de la L90. À ce rythme, aucun retard n’est donc enregistré.

Comment Renault Maroc compte-t-il financer les investissements engagés dans ce projet ?
Comme nous l’évoquions précédemment, le projet L90 Maroc représente un investissement global de 260 millions de dirhams. Pour financer cet investissement, trois modes de financement ont été retenus : augmentation du capital de Renault Maroc par apport en numéraire, recours au crédit bancaire et enfin une partie de cet investissement sera réalisé par autofinancement. Ces trois moyens de financement cumulés, nous permettront d’assurer la concrétisation industrielle et commerciale du projet L90 Maroc.

Avez-vous déjà déterminé la date de cette opération d’augmentation du capital de Renault Maroc ?
Cela devrait se faire en amont de la concrétisation du projet, avec l’accord de notre partenaire, qui est, comme vous le savez, l’ONA. Sans entrer trop dans les détails pour les raisons que vous comprendrez, il semble évident que des investissements lourds comme ceux nécessités par le projet L90 exigent un montant au moins équivalent à la hauteur de notre capital actuel qui est de 50 millions de dirhams.
Le projet L90 n’est pas uniquement matérialisé par la seule réalisation d’une chaîne de montage à la Somaca. Il y a les études préalables, l’assistance technique, les équipements et l’outillage spécifiques pour la production.
Il faut également prévoir un certain nombre de projets parallèles, notamment ceux destinés à assurer la distribution, l’exportation d’une partie de la production et la commercialisation au Maroc des véhicules assemblés à la Somaca.
Nous prévoyons notamment la construction d’un nouveau magasin de pièces de rechange, dont le coût est estimé à 25 millions de dirhams.

Ce projet industriel donnera lieu à la production d’une plus grande quantité de voitures pour le Groupe Renault Maroc. Comment l’entreprise se prépare-t-elle à commercialiser 15 000 véhicules supplémentaires par an, lorsque la production aura atteint son rythme de croisière ?
Sachez qu’en janvier dernier, la Somaca a connu un tournant avec le départ de Fiat. En décidant d’arrêter son activité industrielle au Maroc, le constructeur italien a obligé les autres actionnaires, Renault et PSA, à trouver une solution pour maintenir le plan de charge de l’usine. C’est ainsi qu’à notre initiative commune, nous avons négocié avec les autorités marocaines une convention qui a permis de maintenir une activité tout à fait honorable au niveau de la Somaca par l’augmentation des productions de nos " véhicules mixtes ", Kangoo, Partner et Berlingo. L’essor assez impressionnant de ces véhicules particuliers, assemblés sur la base de véhicules utilitaires, a induit une modification sensible de la configuration du marché local. Somaca, qui tourne à 90 % de sa capacité de production avec 1400 véhicules montés le mois dernier, réalise donc une performance très satisfaisante. L’addition de nos productions respectives représente en fait celle que réalisait le constructeur italien avant son départ, conformément au contrat passé avec le gouvernement marocain, afin de palier au départ de Fiat. En ce qui nous concerne, nous avons pratiquement doublé nos ventes avec plus de 500 Kangoo et Kangoo Express par mois et un objectif de 6000 ventes Kangoo en 2004. Cette expérience est très utile pour mesurer les forces et par conséquent les faiblesses de Renault Maroc et anticiper la réalisation des chantiers nécessaires pour accueillir les volumes générés par le projet industriel et commercial dont vous parlez.

Comment êtes-vous arrivé à adapter vos ventes à l’augmentation de la production en si peu de temps ?
Tout d’abord, le montage au Maroc de Nouveau Kangoo, permet une économie sur les coûts de production de 20 % à 25 % que nous répercutons sur le prix de vente aux clients.
De plus, et compte tenu des enjeux stratégiques, la convention signée en janvier 2004 avec le gouvernement nous a amené à rogner sur nos marges. Nouveau Kangoo, propose un niveau d’équipements très supérieur à ce qui se faisait auparavant, pour un prix de vente qui démarre à 110 900 dirhams pour les versions "véhicules particuliers" et 109 900 dirhams pour les version "véhicules utilitaires". Le modèle précédent se vendait autour de 120 000 dirhams. Nous avons réduit le prix de 10 000 dirhams sur un modèle plus sophistiqué, mieux équipé et plus performant, sans compter la réduction de TVA dont la vente de ces voitures bénéficie. Nous visons d’ailleurs une augmentation de la production de la Somaca qui peut assembler 20 000 véhicules par an, alors qu’aujourd’hui nous sommes à 16 000 véhicules.

Pour en revenir à la L 90, est-elle destinée à remplacer les " combi " du style Kangoo ?
Non. Le modèle répondant aujourd’hui au nom de code L90, se rajoutera à notre gamme et notre production existantes, d’où le besoin d’agencement des chaînes de montage que j’évoquais précédemment. Nous produirons ce modèle en parallèle des autres productions de Renault, mais aussi de Peugeot-Citroën.
Nous prévoyons, d’ailleurs, une commercialisation de ce modèle à compter de la fin du deuxième semestre 2005.
Le véhicule sera révélé début juin 2004 à Paris et les premiers exemplaires sortiront de nos chaînes de production roumaines dans les semaines qui suivront.
Cette voiture sera donc rapidement vendue dans les pays d’Europe de l’Est, et notamment en Roumanie à partir du mois de septembre 2004. La L90 sera assemblée progressivement dans d’autres sites de production : en Russie pour le marché intérieur et les pays limitrophes, en Colombie pour les pays du Pacte andin, en Iran et bien évidemment au Maroc. D’autres sites sont actuellement à l’étude.
Le projet marocain fournira les besoins locaux à hauteur de 15000 exemplaires sur les 30000 prévus. Les 15000 véhicules restant seront exportés vers les marchés de la région, disposant d’accord de libre-échange avec le Maroc.

Cette voiture est donc destinée aux pays émergents ?
La L90 est un véhicule de conquête qui s’inscrit dans la stratégie de croissance internationale rentable du Groupe Renault et qui se placera au cœur des nouveaux marchés de croissance de l’automobile. Moderne et attractive, très habitable, avec des dimensions de berline familiale, L90 offrira les meilleures garanties de fiabilité et de simplicité d’usage dans des pays où le niveau des infrastructures n’est pas encore homogène et les conditions climatiques sévères. Elle proposera à un prix très compétitif, un bon niveau d’équipement et des prestations adaptées au besoin de mobilité et de polyvalence des clients marocains.

La Nouvelles Tribune - Entretien réalisé par Afifa Dassouli

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