Les MRE ne sont pas qu’en Europe…

- 18h22 - Maroc - Ecrit par :

L’émigration féminine vers les pays du Golfe se fait dans l’insouciance juridique la plus flagrante de la part des autorités des pays d’accueil. Pire, elle se fait dans l’indifférence totale des autorités marocaines concernées tant au niveau juridique, que social et humanitaire.

Une question de goût ? Les tournées de Madame la ministre chargée des Marocains résidants à l’étranger, voire celles de Taeib Fassi Fihri ministre délégué aux affaires étrangères et à la coopération snobent la région du Golfe. Cette région où sont installés pas moins de 31.269 Marocains, selon les statistiques de la direction des affaires consulaires et sociales au Ministère des affaires étrangères et de la coopération. Nos responsables ne sont certainement pas sans savoir tous les maux qui frappent cette migration. Ils continuent tout de même de l’ignorer. Mais pourtant, l’apport en devise de cette émigration est bel et bien comptabilisé dans les montants transférés par les MRE. La communauté marocaine dans les pays du Golfe serait essentiellement répartie comme suit : 20.000 en Arabie Saoudite, 8.359 aux Emirats arabes et 2.910 au Sultanat d’Oman. On parle ici de 9 à 10 % de la totalité du nombre de marocains résidants à l’étranger. Un pourcentage qui mériterait bien l’intérêt des ministères concernés. Mais encore, ces chiffres sont loin de représenter la réalité, comme le rappelle Abdelfattah Ezzine qui effectue actuellement des recherches poussées sur l’émigration féminine dans les pays du Golfe. Si l’on tient compte du nombre très élevé des marocaines qui travaillent là-bas clandestinement, difficile repérer derrière leurs "Abayas", cet habit noir qui les cachent de la tête au pied.
Il n’échappe à personne que l’émigration marocaine dans ces pays, notamment celle des jeunes filles, souffre de tous les dérapages tant au niveau juridique, que professionnel et surtout humain. Ce qu’on appelle nous des "émigrés", sont nommés "wafidines" (arrivants) dans dans le language des pays du Golfe. Un "titre" qui ne leur garantit aucun droit et laisse les Marocains installés là-bas dans une précarité juridique flagrante, devant laquelle ils sont contraints à s’incliner dans ces pays qui rapportent trop et font souvent nourrir des familles entières restées au Maroc.
En attendant le réveil des responsables marocains concernés, c’est de nouveau la société civile qui va devoir faire un geste en direction notamment des jeunes marocaines exploitées dans les pays du golfe. Séjournant périodiquement dans le sultanat d’Oman où il est détaché dans le cadre de la coopération bilatérale entre le Maroc et Oman, Abdelfattah Ezzine compte créer un réseau marocain qui défendrait les intérêts des marocains immigrés dans les pays arabes. "Il faut ouvrir le débat en ce qui concerne cette immigration et ne pas se contenter de comptabiliser l’argent", s’indigne ce sociologue chercheur qui prépare la mise en place d’un centre d’accueil et d’écoute dans le sultanat d’Oman et un autre au Maroc pour informer et sensibiliser les immigrés à leurs droits et devoirs dans ces pays. Bon vent ! D’autres devraient en prendre exemple…

La Gazette du Maroc

  • Les travailleurs émigrés vers les pays du Golfe sont sans droit ni loi

    Quand on parle des Marocains résidant à l'étranger, on pense à ceux vivant en Europe et l'on oublie ceux qui vont travailler dans les pays du Golfe, relève La Gazette du Maroc. Pourtant, ces derniers représentent 10 % des émigrés, soit plus de 31 000 personnes dont 20 000 en Arabie Saoudite, plus de 8 000 aux Emirats arabes unis et près de 3 000 dans le sultanat d'Oman, précise l'hebdomadaire marocain.

  • 230.000 Marocains établis dans des pays arabes

    Quelques 230.000 ressortissants marocains sont établis dans des pays arabes, dont 120.000 en Libye, a indiqué mercredi la ministre déléguée chargée des Marocains résidant à l'étranger.

  • Nouzha Chekrouni plaide pour les émigrés

    Victimes de phénomènes de déracinement, de marginalisation et d'exclusion, les immigrés marocains basés à l'étranger sont aujourd'hui la cible, malgré eux, d'une traque organisée en occident et qui vise à lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

  • Le Maroc plaide pour une « solution durable » à l'émigration clandestine

    Devant la Commission des droits de l'Homme à Genève Le Maroc a plaidé, mardi à Genève devant la Commission des droits de l'Homme, en faveur d'un " partenariat responsable et volontariste" en vue de trouver une "solution durable" au problème de l'émigration clandestine, rappelant les efforts considérables déployés par le Royaume pour lutter contre cette forme de migration.

  • La communauté marocaine à l'étranger, quels enjeux ?

    La contribution des Marocains résidant à l'étranger (MRE) à l'essor économique qu'a connu l'Europe après la deuxième guerre mondiale n'a pas été appréciée à sa juste valeur, a indiqué, jeudi à Rabat, Mme Nouzha Chekrouni, ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine résidant à l'étranger.

  • Mme Chekrouni plaide la cause des sans-papiers marocains en Catalogne

    La ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine à l'étranger, Mme Nouzha Chekrouni, a achevé à Barcelone une visite consacrée à la défense des intérêts des Marocains auprès de Madrid et du gouvernement autonome de Catalogne, à l'heure de l' opération de régularisation des "sans-papiers" en Espagne.

  • Moudawana : Quelle application en Europe ?

    Faut-il espérer une bonne application de la Moudawana en Europe, alors que les juristes européens se plaignent de l'absence même d'une traduction officielle du nouveau code de la famille dans leurs tribunaux ? En attendant que les autorités marocaines se décident à leur en soumettre, les Marocains résident à l'étranger restent partagés entre deux systèmes juridiques complètement opposés.

  • Etre Marocain en Algérie

    S'il est un secteur où la coopération entre le Maroc et l'Algérie ne s'est jamais interrompue malgré la constance de la tension des rapports politiques, c'est bien celui du barreau. Les avocats des deux Etats, liés par une convention en la matière, peuvent en effet exercer leur métier dans l'un ou l'autre pays sans problème aucun.

  • La communauté marocaine au Danemark plaide pour une liaison aérienne directe

    Mohamed Badida, homme d'affaires marocain résidant au Danemark depuis vingt ans, projette d'investir dans le tourisme marocain. Né dans une famille pauvre de la région de Aïn Aïcha, dans la province de Taounate, Badida est devenu un investisseur au Danemark et dirige aujourd'hui une entreprise de services, qui comprend une filiale import export au Danemark. Il est également propriétaire d'une chaîne de restaurants en Belgique.

  • Cinéma marocain entre flashs et clichés

    Le cinéma marocain s'est concentré dernièrement sur deux sujets : l'émigration clandestine et les droits de l'Homme. Pour recevoir une subvention de la part d'un pays étranger, les cinéastes optent pour l'un des deux sujets. Au risque de s'enliser dans les sentiers battus.