Au Maroc, le mariage ne fait plus rêver

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Au Maroc, le secteur de l’organisation d’événements, notamment les mariages, traverse une crise sans précédent. Même les Marocains résidant à l’étranger (MRE) qui contribuent à son essor pendant la saison estivale manquent à l’appel.

« Le secteur de l’organisation de fêtes, en particulier les mariages, connaît cette année un recul sans précédent en termes de fréquentation et du nombre d’événements organisés », a affirmé à Hespress le vice-président et porte-parole de l’Union marocaine des propriétaires et gestionnaires de salles de fêtes. Il s’étonne que « les mois habituellement marqués par une forte affluence, notamment juillet et août, connaissent cette année une froideur inhabituelle ». Même « la communauté marocaine résidant à l’étranger, qui constituait l’un des éléments du cycle économique durant les vacances d’été, n’a pas contribué avec le même dynamisme cette année, en raison des attentes persistantes concernant la baisse des retours cette année », a-t-il fait remarquer, soulignant que l’absence relative des MRE sur la scène économique durant la saison actuelle « a encore compliqué la situation des professionnels ».

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Pourquoi le secteur de l’événementiel dévale-t-elle la pente ? « Ce recul est le résultat d’accumulations commencées depuis la pandémie de Covid-19, qui a modifié la structure des relations sociales et les modes de célébration. […] Chaque année après la pandémie a été pire que la précédente, tant en nombre d’événements qu’en taille et en organisation. […] Le secteur vit une situation difficile pour la quatrième année consécutive sans aucune véritable reprise », a-t-il expliqué. Selon lui, ce recul quantitatif s’explique aussi par une régression de la dimension sociale et traditionnelle du mariage marocain. « Les grandes rencontres familiales ont disparu et les événements ont perdu leur caractère collectif, ce qui a entraîné un changement dans la perception du mariage. […] Ce changement est devenu partie intégrante de la culture de l’après-pandémie, qui a consacré une certaine distanciation sociale », a-t-il encore expliqué.

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La crise économique et la cherté de la vie ont également produit un impact négatif sur le secteur de l’événementiel. « La hausse des prix a touché tout ce qui concerne l’organisation des fêtes, des services, des repas, des locations et des ressources humaines, ce qui a poussé de nombreuses familles à réorganiser leurs priorités. […] Le pouvoir d’achat est devenu limité, ce qui a réduit la taille des fêtes, et a même poussé certains couples à les reporter ou à y renoncer », fait-il observer. En plus de ces prochains problèmes, « le secteur fait face à des défis supplémentaires représentés par la propagation de la ‘concurrence illégale’ de la part de villas et de domaines privés exploités illégalement pour organiser des fêtes sans autorisations ni respect des conditions de sécurité et de santé, ce qui constitue un danger pour les clients », a-t-il ajouté.

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Fort de ce constat, l’Union marocaine des propriétaires et gestionnaires de salles de fêtes « a adressé une plainte officielle au ministère de l’Intérieur, qui a réagi en adressant une circulaire aux walis et gouverneurs », a-t-il fait savoir, insistant toutefois sur « la nécessité d’une mise en œuvre sérieuse et d’un contrôle sur le terrain pour circonscrire les activités illégales visant un secteur organisé et lui portant préjudice ».

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