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Maghreb : la fuite des cerveaux, un véritable casse-tête

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1er avril 2020 - 06h20 - Economie

Le Maghreb est confronté à la fuite des cerveaux. Des milliers de cadres algériens, tunisiens et marocains quittent chaque année leurs pays d’origine à la recherche de l’Eldorado.

Le classement 2019 des pays les moins performants en matière de conservation des cadres sur leur territoire, réalisé par Global Talent Comptitiveness, met l’Algérie à la 105e place sur 125 pays, le Maroc à la 100e place et la Tunisie à la 84e. Ce qui montre clairement que la fuite des cerveaux est un véritable casse-tête qui frappe de plein fouet le Maghreb. Les ingénieurs de ces pays préfèrent les pays comme la France et le Canada, pour aller exercer au détriment de leurs pays d’origine. La raison est toute simple : de meilleures conditions de vie et des salaires conséquents ; ce qui est impossible chez eux, rapporte econostrum.info.

L’association tunisienne des grandes écoles a réalisé une étude sur la situation. Les raisons des jeunes tunisiens diplômés volontaires au départ se résument à la prétention d’un salaire important et de meilleures conditions de vie. C’est pourquoi des campagnes sont organisées au Maghreb par les grosses entreprises nord américaines et européennes à la quête des cerveaux. Il y a aussi les placements de cadres à l’étranger par des cabinets de recrutement marocains. À ce propos, le site La French Tech explique que le visa French Tech est le plus ouvert au monde, pour les salariés de startups et le recrutement de talents étrangers.

600 000. C’est le nombre de cadres algériens travaillant hors du territoire, pendant qu’au Maroc, c’est 600 jeunes ingénieurs qui vont chercher mieux ailleurs chaque année, selon le ministre de l’Éducation nationale. L’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE) indique que c’est 8 200 cadres supérieurs dont 2 300 ingénieurs, 2 300 enseignants-chercheurs, 1 000 médecins et 450 informaticiens qui ont quitté la Tunisie en 2018. La fuite des cerveaux décime sérieusement l’élite du Maghreb. C’est 20 à 30 % de cadres que perdent les entreprises de la rive sud de la Méditerranée par an. En 2017, c’est plus de 25 % de cadres du secteur des technologies de l’information qui sont allés au niveau des entreprises étrangères, a déclaré la Fédération marocaine des TIC et de l’offshoring, cité par la même source.

La volonté de lutter contre le phénomène a été manifeste du côté des autorités marocaines et françaises. Mais, la mise en œuvre des mesures drastiques tarde à être effective. Plusieurs solutions sont proposées à cet effet. Les uns pensent à une circulation plus fluide des ingénieurs et les autres à la création d’un pont pour faciliter les co-localisations d’entreprises.

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