Maroc : fuite des médecins, le secteur de la santé en difficulté

- 15h40 - Monde - Ecrit par : S.A

En tout, 300 médecins quittent le Maroc chaque année pour émigrer vers l’Europe ou le Canada. C’est ce que révèlent les statistiques du syndicat des médecins privés. Cette fuite des cerveaux engendre un déficit en cadres de la santé estimé à près de 100 000.

Le Maroc face à un problème épineux. Le syndicat des médecins privés fait savoir que jusqu’en 2018, ils sont près de 5 300 médecins marocains à avoir émigré vers plusieurs pays où sont recrutés des médecins étrangers, rapporte Al Ahdath Al Maghribia. Bon nombre d’entre eux portent leur choix sur le Canada, l’Allemagne ou encore la France. Ils sont d’ailleurs 8 000 médecins à rejoindre l’Hexagone. Les causes de l’exode des médecins et des professionnels marocains de la santé sont nombreux et variés. Il s’agit entre autres des conditions de travail et de la modicité des salaires.

La fuite des cerveaux n’est pas sans conséquence sur les secteurs de l’économie et de la santé. Elle coûte au Maroc entre 0,10 et 0,25 % du PIB, soit l’équivalent de 1,1 milliard à 1,767 milliard de dirhams par an, fait savoir Le British médical journal (BMJ). Côté santé, le ministère de la Santé fait face à d’énormes difficultés, notamment l’insuffisance criante en ressources humaines et l’absence d’équilibre dans leur affectation dans les régions, quant à la mise en œuvre de réformes. Un déficit structurel, quantitatif et qualitatif estimé à près de 97 566 professionnels de la santé, soit 65 000 infirmiers et plus de 32 000 médecins. Le 26 avril dernier, Khalid Aït Taleb a, dans une réponse écrite au Parlement, fait part de ces problèmes.

Pour inverser la tendance, les professionnels de la santé proposent d’augmenter le budget du ministère de la Santé (5,6 %) qui est de loin le minimum de 12 % fixé par l’OMS. De son côté, le ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb entend élaborer un plan de réforme du système de santé, afin d’accompagner la mise en œuvre de la généralisation de la protection sociale. Les grands axes de ce plan d’urgence sont :

• Valorisation des ressources humaines,
• Amélioration de l’offre sanitaire à travers la dimension régionale,
• Adoption d’une nouvelle gouvernance,
• Développement du système informatique.

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