Quand la main-d’œuvre marocaine porte la croissance du PIB espagnol

- 12h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

L’Espagne franchit un cap historique. Avec plus de dix millions de résidents nés à l’étranger, la population immigrée représente désormais 20 % du pays. Au sein de cette dynamique, la communauté marocaine s’impose comme la première nationalité.

L’Espagne approche la barre des 50 millions d’habitants, portée par une immigration record. Pour pallier la baisse de la natalité et le besoin pressant de main-d’œuvre, le pays s’appuie massivement sur les populations étrangères. D’après l’Institut national de la statistique (INE), les Marocains forment aujourd’hui la nationalité la plus nombreuse du pays avec plus de 968 000 résidents recensés sur le territoire.

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Ce chiffre s’envole si l’on prend en compte les naturalisations, les natifs du Maroc représentant le groupe principal de ces « nouveaux Espagnols ». En incluant les individus possédant la nationalité espagnole, la communauté d’origine marocaine dépasse largement les 1,1 million de personnes. Concrètement, il y a aujourd’hui plus de citoyens d’origine marocaine en Espagne que d’habitants dans une région entière comme les Asturies, qui compte 1,02 million de résidents, ou que dans la province de Grenade.

Derrière le Maroc, la Colombie et le Venezuela complètent le podium des arrivées récentes. Alors qu’une régularisation massive est envisagée par les autorités, le quotidien La Razón rappelle qu’environ 840 000 migrants vivent actuellement en situation irrégulière. Ce projet leur accorderait un asile légal et un droit au travail, afin de répondre directement aux besoins de l’économie locale.

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Cette main-d’œuvre étrangère est en effet le principal moteur de l’activité ibérique. L’immigration génère plus de 80 % de la croissance démographique et occupe actuellement quatre créations d’emplois sur dix. Selon le centre d’analyse Funcas, les immigrés effectuent très souvent les métiers que « personne ne veut », c’est-à-dire les postes les moins productifs et aux salaires les plus bas, tout en étant responsables de la moitié de la hausse du Produit intérieur brut (PIB) depuis 2022.