Le paradoxe des chiffres : Première communauté d’Espagne, les Marocains ferment la marche des diplômés

- 14h00 - Espagne - Ecrit par : J.K

L’Espagne recense plus d’un million de résidents nés au Maroc, la première communauté étrangère du pays. Toutefois, de récentes données statistiques soulignent un retard profond concernant l’accès à l’enseignement supérieur.

Selon le recensement annuel de l’Institut national de la statistique (INE)arrêté au 1er janvier 2025, le pays abrite 1 165 955 résidents nés au Maroc. Ils forment le groupe étranger le plus important, devançant largement les natifs de Colombie et du Venezuela. Si une vague historique d’arrivées a été enregistrée lors de la décennie 2001-2010, cette dynamique migratoire reste forte avec plus de 250 000 nouvelles installations marocaines répertoriées sur les seules années 2023 et 2024.

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Cependant, c’est sur le plan académique que le contraste est le plus saisissant. L’enquête révèle que seulement 9,3 % des résidents nés au Maroc possèdent un diplôme de l’enseignement supérieur, les plaçant au dernier rang des principales nationalités présentes sur le sol ibérique. À titre de comparaison, la moyenne s’établit à 28 % pour l’ensemble des étrangers. La communauté marocaine est ainsi largement distancée par les natifs du Venezuela, de France ou d’Argentine, qui affichent tous des taux de diplômés supérieurs à 44 %.

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Ce fossé éducatif est d’autant plus significatif que 42,7 % de la population globale espagnole âgée de 25 à 64 ans détient aujourd’hui un tel bagage universitaire. Cette fracture s’inscrit dans un paysage socio-économique en pleine évolution, marqué par une hausse générale de l’emploi en 2024. Début 2026, alors que la barre des 10 millions de résidents nés à l’étranger vient d’être franchie, les autorités ont d’ailleurs lancé un vaste programme de régularisation visant à octroyer des permis de travail à un demi-million de migrants sans-papiers.