Elle a 59 ans, marche difficilement et ses quatre enfants vivent en France : elle doit pourtant partir

- 12h00 - France - Ecrit par : Said A.

Une Marocaine de 59 ans, atteinte d’une maladie neurologique qui lui rend la marche difficile, demandait à rester en France pour se soigner. Ses quatre enfants et ses petits-enfants y vivent. Le tribunal administratif de Toulouse vient pourtant de confirmer son obligation de quitter le territoire.

Opérée au Maroc en 2021 pour une grave affection de la moelle épinière, cette femme conserve d’importantes séquelles motrices. Elle souffre d’une tétraparésie évolutive, accompagnée de douleurs persistantes et de difficultés à marcher. Son état nécessite des séances de kinésithérapie et plusieurs médicaments.

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Arrivée en France en juillet 2023, elle dépose une demande de titre de séjour pour raisons médicales le 8 avril 2025. Cinq mois plus tard, le préfet de la Haute-Garonne refuse sa demande et lui ordonne de quitter le territoire sous trente jours.

Le dossier médical contient pourtant une reconnaissance importante. Dans leur avis du 11 août 2025, les médecins de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) estiment qu’une absence de prise en charge pourrait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité. Ils considèrent cependant qu’elle peut recevoir un traitement approprié au Maroc.

C’est cette seconde conclusion que la Marocaine conteste devant la justice. Elle soutient notamment que le coût des soins pourrait l’empêcher de bénéficier des traitements nécessaires dans son pays d’origine.

Dans son jugement du 22 octobre 2026, le tribunal administratif de Toulouse relève que les pièces médicales confirment ses difficultés à marcher et ses douleurs. Mais elles ne permettent pas d’établir que les traitements marocains seraient inadaptés, financièrement inaccessibles ou que son état rendrait le voyage dangereux.

Quatre enfants et des petits-enfants en France

La mère invoque également ses attaches familiales. Ses trois filles, son fils et ses petits-enfants vivent en France, selon ses déclarations. L’une de ses filles l’héberge.

Les magistrats reconnaissent cette situation d’hébergement, mais estiment que les pièces du dossier ne démontrent pas des liens suffisamment étroits avec les autres membres de sa famille. Ils relèvent aussi qu’elle a vécu au Maroc jusqu’à 56 ans et n’a pas établi y être dépourvue d’attaches.

Ces éléments ne suffisent donc pas, selon le tribunal, à rendre son éloignement disproportionné au regard du droit au respect de la vie privée et familiale.

Le 22 octobre, la justice rejette son recours et maintient le refus de séjour ainsi que l’OQTF du 25 septembre 2025. Sa demande visant à obtenir une carte de séjour pour soins ou un nouvel examen de son dossier est également rejetée.