« Mon mari était plus croyant que moi »

- 00h32 - Maroc - Ecrit par : L.A

Les couples interconfessionnels et mixtes sont en hausse... A l’heure du choix d’une religion pour les enfants, c’est souvent le plus croyant qui l’emporte.

« Avec mon futur mari, nous avons beaucoup discuté de nos religions respectives et de l’éducation que nous donnerions à nos enfants. Je suis protestante, mais opposée à certains dogmes. Alors que mon mari, musulman, est un croyant convaincu. Il me paraissait plus simple d’élever nos enfants dans sa foi plutôt que de leur transmettre mes doutes. » Monica, d’origine suédoise, mariée depuis quinze ans à Lhassane, un Marocain, affirme que ses enfants sont plutôt « fiers d’être musulmans ».

Résidents à Tolochenaz (VD), ils ont fréquenté l’école coranique, font leurs prières et se rendent « parfois » la mosquée. Mais Monica sait que ses ados seront amenés une fois adulte à faire des choix, comme celui du port du voile pour sa fille, susceptibles de changer le regard des autres. Monica l’admet, les autres couples mixtes qu’elle connaît et qui durent sont ceux qui n’ont pas pris à la légère les questions culturelles et religieuses et qui en ont parlé assez tôt. Isabelle Levy, formatrice en milieu hospitalier en France et qui vient de sortir un ouvrage sur les couples mixtes*, admet que même si l’on n’est pas pratiquant « certains traits culturels ressurgissent au moment de la naissance des enfants. Sans compter la pression des familles ».

Y a-t-il des religions qui s’harmonisent mieux que d’autres ? Oui, dit Isabelle Levy, le judaïsme et l’islam sont plus proches dans leurs rites que de toute autre religion. Mais face aux unions mixtes, aucune religion n’est vraiment bienveillante. Rien n’est fait pour donner des éléments des deux cultures. Et même dans les couples interconfessionnels catholiques-protestants, « c’est souvent l’ignorance de l’autre qui domine » explique Véronique Mettaz, qui a élevé ses quatre enfants dans les deux confessions. « Rien d’œcuménique n’est vraiment proposé. Il faut faire les démarches tous seuls. »

Francesca Argiroffo - RSR

  • Les Marocains incapables de vivre sans leur bonne

    Même de milieux modestes, ils estiment sa présence nécessaire et y mettent les moyens. En cause, un problème d'organisationà la maison. Elles sont des dizaines de milliers à travailler sans protection juridique. La (…)

  • Ces Occidentaux qui embrassent l'Islam

    Chaque année, des milliers d'Occidentaux adoptent par conviction la religion islamique. Parmi eux, certains résident au Maroc. Qu'est-ce qui motive les nouveaux convertis ?

  • Myriam Marzak veut enquêter sur le terrorisme

    La seule femme détective privée du monde arabe voudrait désormais devenir agent secret pour enquêter sur le terrorisme, car elle trouve “monotone” de courir après les adultères et les escroqueries.

  • Livre/Témoignage : Parle moi de ton absence

    À travers un cas particulier, "Parle-moi de ton absence" aborde un double problème : celui de la violence faite aux femmes et celui des mères séparées de leurs enfants par un mari qui, misant sur l'éloignement, se (…)

  • L'enlèvement parental, nouvelle facette de la société marocaine

    Avec le nouveau Code de la famille, le Maroc ne cesse de découvrir de nouvelles facettes de sa société. Par exemple ? Eh bien, les enlèvements d'enfants. Ce phénomène concerne principalement les couples de Marocains (…)