Marketing politique : Passer le message par Bigg ou Najat Aatabou ?

- 01h56 - Maroc - Ecrit par : L.A

D’abord ce constat : certains politiques marocains s’essayent au marketing politique. La preuve : ce n’est plus seulement pour prononcer leurs discours qui, pour les citoyens, n’ont ni queue ni tête qu’ils ameutent leurs troupes. Pour une fois, ils tentent de varier le menu en organisant des spectacles.

Là aussi, ils innovent. Le temps n’est plus aux cassettes de Fairouz et de Marcel Khalifa qui servaient surtout à faire patienter le public en attendant l’arrivée sur scène du « zaïm » (vieux leader). Désormais, l’heure est aux vrais shows. Tout y est : de vraies têtes d’affiche, des sonos à crever les tympans, une ambiance délirante, des jeux de lumières... « L’hayha » (fête folle) quoi !

Dans ce registre, l’USFP se montre branchée en marquant sa préférence pour le Rap. Après avoir annoncé la couleur en se payant les services de Bigg, alias El Khasser, lors du congrès de la jeunesse USFPéiste, le parti de Lyazghi a dernièrement persisté et signé en organisant le festival de la rose. Bigg était encore une fois en vedette aux côtés d’autres artistes de la nouvelle scène musicale : H-Kayne... Nass El Ghiwane étaient aussi de la partie.

Voulant montrer qu’il a d’autres préférences musicales, le PPS a misé sur l’amazighe. Et c’est Hadda ou Aàkki et Omar Boutmazoughte que le parti d’Ismaïl El Alaoui a choisi comme têtes d’affiche. Plus récemment, les militantes du parti socialiste (parti sorti du giron de l’USFP) ont choisi d’ouvrir le congrès constitutif du département féminin par des chansons, live, de Saïd Al Maghribi.

La nouvelle tendance des shows « politiques » semble donc promise à un bel avenir. A l’évidence, les jeunes, connus par leur désaffection pour la politique, sont les cibles privilégiées des spectacles initiés par ces partis politiques. Mais, ils ne sont pas les seuls à être visés. Certains shows misent également sur les femmes.

Explication : « Jeunes et femmes sont convoités non seulement pour être les spectateurs le temps d’une soirée, mais pour devenir les acteurs, politiques, de demain ». Ressassé à l’envi par les organisateurs des « hayha » à fondement politique, ce slogan est, selon de nombreux observateurs, trop beau pour être vrai. « Le public cible a, lui, d’autres idées derrière la tête », affirment-ils.

Les avis de certains spectateurs sont si surprenants, tout autant que ceux de certains artistes. Ceux-là même qui participent aux shows initiés par des partis politiques (lire le témoignage de Bigg et de quelques spectateurs ciblés par les politiques). Appeler à la participation politique par la voix de chanteurs, est la voie empruntée également par 2007 Daba. Cette association a sorti des clips incitant femmes et jeunes à s’intéresser à la politique et à voter. Elle a aussi conseillé à différents partis politiques de tendre le micro aux idoles des jeunes pour mieux les accrocher. Maintenant que ce conseil a été suivi par certains, les opinions sont partagées tant en ce qui concerne la méthode que ses résultats.

Le Reporter - Mohamed Zainabi

  • Bigg chez l'USFP : Le rap dérape ?

    Bigg, alias El Khasser, a ouvert le bal lors du septième congrès national de la « chabiba Ittihadya » (Jeunesse de l'USFP) organisé à Rabat le 23 janvier dernier. Le rappeur connu par les mots osés qui marquent ses chansons, semble avoir des atomes crochus avec les socialistes.

  • Bigg, la grande gueule du Rap marocain

    On l'appelle « El Khasser », parce que ses chansons contiennent des mots vulgaires et crus. A 23 ans, Bigg, de son vrai nom Hazeb Taoufik, est l'un des jeunes rappeurs marocains les plus appréciés sur la scène musicale marocaine. Et s'il s'est choisi comme pseudo Bigg, c'est qu'il voit grand, dit-il.

  • Elections : Les jeunes marocains en quête d'une représentation

    Dans le cadre des mesures les plus récentes prises par le Maroc pour encourager la participation au cours des prochaines élections, le Gouvernement a adopté une nouvelle loi qui exige des partis politiques d'établir des quotas d'adhésion en faveur des jeunes.

  • Elections : La jeunesse en mal de représentants

    Dans un pays où 78% de la population se situent dans une tranche d'âge de 18 à 30 ans, les drigeants des partis politiques font office de vieux dinosaures.

  • Maroc : Au shopping avec nos stars

    Comment s'habillent nos stars de la musique urbaine ? Le look compte beaucoup pour certains, comme Bigg, mais pas pour d'autres, comme le groupe H-Kayne. Petites confidences.

  • Jeunes et politique : du désenchantement dans l'air ?

    Les jeunes fuient-ils la politique, tournent-ils le dos aux partis, ne croient-ils vraiment pas aux discours des leaders ? En ces temps pré-électoraux, les constats se suivent et les sondages se bousculent. Explications

  • Maroc : 34 partis en lice pour les législatives ?

    Quelle est réellement la stratégie de l'Etat face à la multiplication de nouveaux partis ? Les pouvoirs publics ont-ils seulement une visibilité quant à l'avenir immédiat du paysage politique marocain alors que la chambre des représentants s'apprête à renouveler ses membres ? L'interrogation traverse aujourd'hui un landerneau politique tout à la préparation du scrutin du 7 septembre. Difficile d'apporter des réponses claires face à une démarche plutôt contradictoire…

  • Maroc/Elections : sondage de l'Intérieur

    Selon un sondage réalisé par le ministère de l'Intérieur, entre le 13 et le 29 décembre dernier, les sportifs comme Hicham El Guerrouj et Baddou Zaki, les chanteurs puis les acteurs du cinéma, de la télévision et du théâtre sont les plus influents sur l'opinion publique marocaine.

  • Maroc/Législatives : Les partis se partageront 200 millions de DH

    Deux cents millions de DH. C'est le montant global de la contribution de l'Etat au financement de la campagne électorale pour les législatives de septembre. Soit une hausse de 50 millions de DH par rapport aux élections de 2002.

  • Législatives 2007 : Partis politiques ? Connais pas trop…

    La notoriété des partis politiques serait-elle sérieusement affectée ? A en croire les résultats du dernier sondage de 2007 Daba, elle l'est en partie. A titre d'exemple, seulement 5% des sondés disent connaître une formation politique telle le PPS (Parti du Progrès et du Socialisme). Qui aurait pensé qu'un parti se prévalant du progressisme donc, en principe, proche des citoyens, particulièrement des jeunes, ne soit pas assez connu ?