Maroc : à l’approche des fêtes, alerte sur l’alcool frelaté
À quelques semaines des fêtes de fin d’année, des associations de consommateurs alertent sur la commercialisation de l’alcool frelaté, invitant les Marocains à la vigilance et la prudence.
« Ce marché connaît un grand essor tout au long de l’année, avec une variation de la qualité selon la catégorie et le prix, ce qui rend le phénomène inquiétant du point de vue de la sécurité sanitaire des consommateurs », a déclaré Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur. Dans une déclaration à Hespress, Kharrati a ajouté que, « malgré l’existence de classifications multiples de ces produits, leur diffusion se fait en dehors de tout cadre légal clair ».
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La contrebande d’alcool est un problème récurrent au Maroc, a rappelé le responsable, soulignant que la poursuite de l’entrée illégale de ces produits sur le marché, malgré les efforts des services compétents des douanes, suscite des interrogations quant à l’efficacité du contrôle. « L’absence de contrôle strict ne se limite pas aux produits alimentaires seulement, mais inclut également les produits industriels et les services, chaque administration restant chargée d’un domaine spécifique sans réaliser de résultats tangibles, ce qui contribue à la persistance des mêmes dysfonctionnements », a-t-il indiqué. Kharrati a en outre insisté sur la nécessité de créer « une instance unifiée dédiée aux droits du consommateur », un organe qui recevra les plaintes et supervisera le contrôle de tous les secteurs afin de garantir la qualité des produits et de protéger la santé des citoyens, et de mettre fin à l’anarchie dans le secteur.
De son côté, Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits du consommateur, a affirmé que « tout citoyen souhaitant acquérir un produit donné doit veiller à l’acheter auprès de lieux connus et de commerces soumis au contrôle, tels que les grandes surfaces et les cafés autorisés, afin d’éviter la fraude et l’arnaque répandues dans les marchés anarchiques et en dehors de ces espaces organisés ». Et de poursuivre : « Se tourner vers des produits provenant de lieux non respectables et non surveillés, puis se plaindre de fraude ou de tromperie, demeure un comportement inconscient ; car la source du danger réside dans le choix de lieux non fiables. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de consolider une culture de consommation chez le citoyen, fondée sur la conscience et la vigilance, de sorte qu’il se dirige toujours vers des lieux soumis au contrôle, et vérifie les informations essentielles du produit avant de l’acheter, notamment la date de péremption ».
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Chtour a conclu en soulignant que « le citoyen demeure l’acteur essentiel dans la régulation du marché et la protection de lui-même, et il ne faut pas attendre seulement l’intervention des autres, mais il faut renforcer la conscience individuelle et la vigilance personnelle, et établir une culture de consommation fondée sur la responsabilité et la vigilance ».