Maroc : le cannabis légal explose, mais l’État retire 111 licences
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a révélé que 111 licences d’exploitation avaient été retirées en 2025 pour non-respect de la réglementation. Cette mesure fait suite à plus de 5 430 opérations de contrôle menées jusqu’en août par l’Agence nationale de régulation des activités relatives au cannabis (ANRAC), qui visent à assurer le respect des normes à toutes les étapes, de la culture à l’exportation.
Cette fermeté réglementaire s’inscrit dans un contexte d’expansion massive du secteur. Selon le ministre, le nombre d’agriculteurs engagés dans la filière a été multiplié par plus de dix entre 2023 et 2025, passant de 430 à plus de 7 000. Dans le même temps, la superficie cultivée a été multipliée par plus de vingt, passant de 192 à 4 729 hectares.
À lire : Maroc : faut-il légaliser la mahia (alcool) ?
Cette croissance se concentre principalement sur trois provinces du nord : Taounate, Al Hoceïma et Chefchaouen. Au total, 235 licences ont été accordées en 2025 à 165 opérateurs pour des activités de transformation, de commercialisation, d’importation de semences ou encore de transport.
À lire : Maroc : coups de filet d’ampleur contre le narcotrafic
Selon le ministre, l’objectif de ce programme est d’offrir une transition aux agriculteurs pour les éloigner des réseaux illégaux vers un secteur structuré, garantissant leurs droits. Pour ce faire, l’Agence mène des actions d’accompagnement sur le terrain, comme des réunions de sensibilisation pour aider à la création de coopératives et au montage des dossiers. Elle a également accompagné la construction de huit unités de transformation dans la province de Taounate.