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Maroc : suicide homosexuel après la publication de ses photos

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20 avril 2020 - 12h00 - Société

La communauté LGBT marocaine se dit victime d’un lynchage sur les réseaux sociaux en cette période de confinement et organise une contre-attaque. Elle s’apprête à lancer une campagne de dénonciation.

Une transsexuelle marocaine résidant en Turquie, Sofia Taloni, serait l’instigatrice de la campagne de dénigrement et de lynchage contre la communauté LGBT marocaine. Sur son compte Instagram, elle publie une série de vidéos dans lesquelles elle révèle l’identité sexuelle de dizaines de personnes sans leur consentement.

"Nous avons été contactés par plusieurs personnes en situation de détresse suite à cette campagne qui a révélé leur identité sexuelle à leurs proches", a confié au site Le Desk M.B, l’une des animatrices de la campagne de défense des droits LGBT au Maroc.

Un militant LGBT a d’ailleurs annoncé la mort par suicide d’un jeune étudiant âgé de 21 ans, rentré de France et confiné chez sa famille à Rabat. Il n’a pu supporter de voir ses photos dédiées aux applications de rencontre, défiler sur les réseaux sociaux jusqu’à atteindre son entourage. Face à la situation que vivent les militants LGBT, plusieurs maisons ont ouvert leurs portes aux rescapé-es du lynchage et de la violence familiale dans des villes comme Casablanca et Rabat, précise la même source.

Des pages comme Gay Maroc ont été mises à contribution pour recueillir des témoignages ; ce qui permettra à la communauté de soutenir psychologiquement les victimes de violences et de harcèlement. De même, les groupes LGBT entendent lancer une campagne de dénonciation de ces violences, à travers visuels et textes, et contre-attaquer en exposant les porteurs de discours homophobe et transphobe. A noter que la loi marocaine interdit l’homosexualité à travers l’article 489 du code pénal qui prévoit une peine de prison allant jusqu’à trois ans.

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