Ce que coûte au Maroc la contrebande à Sebta et Melilla
En plus de son coût humain, avec la mort de plusieurs porteurs, principalement des femmes, la contrebande de marchandises avec les deux villes de Melilla et Sebta a un coût financier et économique de plus en plus difficile à supporter pour les autorités marocaines.
Jusqu’à présent, peu de chiffres ont été dévoilés sur le coût réel de cette contrebande mais selon le directeur général de l’Administration des douanes et des impôts indirects (ADII) Nabil Lakhdar, le Maroc perdrait chaque année entre 6 et 8 milliards de dirhams, soit entre 550 millions à 730 millions d’euros, rien que pour la contrebande au niveau de Sebta. En impôts, les chiffres sont évalués entre 2 et 3 millards de dirhams par le responsable.
« Ce sont des montants que la Trésorerie de l’Etat perd, et si nous ajoutons celui de Melilla, les chiffres sont doublés », a déploré Lakhdar la semaine dernière lors d’une commission qui s’est réunie à la chambre des représentants. Ce dernier a suggéré la fermeture dans un délai de 5 à 10 ans des postes-frontières aux produits de contrebande, reconnaissant toutefois que c’est une décision très dure à prendre et que c’est le gouvernement qui aura le dernier mot.
Pour le directeur de la douane, le maintien du statu quo actuel crée un appel d’air et de nombreux jeunes Marocains en provenance de l’intérieur du pays viennent à Sebta et Melilla pour tenter leur chance dans la contrebande de produits. Et ces produits, justement, il n’est pas rare des les trouver dans les souks et marchés à Casablanca, Rabat et même Marrakech et Agadir.