Maroc : l’huile d’olive moins chère, enfin !

- 13h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Après des années de sécheresse, le Maroc espère une bonne récolte d’olives cette année. Les fortes précipitations enregistrées en mars et avril ont redonné espoir aux producteurs. A la clé : une huile d’olive moins chère !

Les premières récoltes d’olives ont déjà commencé dans plusieurs régions du royaume telles que Al Haouz, Chichaoua, Sus et Chiadma, rapporte le magazine Finances News Hebdo. Dans le nord, à Fès-Meknès, Taounate et Taza, les récoltes devraient démarrer dans les prochaines semaines. « De nombreux facteurs ont contribué à l’amélioration de la production cette année, notamment la répartition équilibrée des précipitations et l’expansion continue des surfaces consacrées à la culture de l’olivier », explique Rachid Benali, président de la Fédération interprofessionnelle de l’olivier du Maroc (Interprolive). Les mois d’octobre et novembre seront déterminants pour confirmer cette tendance encourageante.

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Grâce au Plan Maroc Vert (PMV), les surfaces cultivées ont dépassé 1,1 million d’hectares. Le secteur oléicole représente actuellement 65 % de la superficie arboricole du royaume, selon le magazine. Le pays se positionne comme le quatrième producteur mondial d’olives et troisième exportateur d’huile d’olive. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le secteur génère 7 milliards de dirhams (660 millions d’euros) de revenus, soit environ 5 % du PIB agricole, et fait vivre plus de 200 000 personnes avec 55 millions de jours de travail par an. Pour de nombreux agriculteurs, l’olivier, plus qu’une simple culture, est un moyen de subsistance économique. « La culture de l’olivier nous permet de compenser les pertes d’autres activités, telles que les céréales ou l’élevage », témoigne Mohamed El Abdi, agriculteur à Benslimane.

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Malgré ces avancées, le secteur reste confronté à de nombreux défis, liés notamment à la transformation et la distribution de l’huile d’olive. Les intermédiaires continuent de peser lourdement sur les prix, qui ont grimpé à plus de 100 dirhams le litre en 2024, contre 60 dirhams en moyenne. Cette flambée a même poussé le Maroc, pour la première fois de son histoire, à importer de l’huile d’olive pour satisfaire la demande locale. Une dynamique qui vise à faire du Maroc, non seulement un grand producteur, mais aussi un acteur de référence en matière de qualité et de durabilité de l’huile d’olive d’ici 2030.