Maroc : les islamistes pourraient entrer au gouvernement

- 08h04 - Maroc - Ecrit par :

Un renversement d’alliances "majeur" serait en cours au Maroc, au profit des islamistes qui remplaceraient les socialistes dans un prochain gouvernement, selon une analyse présentée dimanche par le Journal Hebdomadaire (indépendant).

Revenant sur les élections communales du 12 septembre, Le Journal souligne les bons scores des islamistes du parti Justice et développement (PJD), malgré leur participation réduite, et les conflits internes qui ont handicapé la coalition gouvernementale du premier ministre Driss Jettou, notamment pour la conquête des mairies des grandes villes.

Or c’est dans ces grandes villes, où les islamistes du PJD ont démontré leur force, que la monarchie "a besoin d’avoir des partis qui encadrent la population", souligne l’hebdomadaire, estimant que l’Union socialiste des forces populaire (USFP), pilier du gouvernement actuel, "a perdu les élections là où il ne fallait pas les perdre".

Rappelant les négociations entre le pouvoir et les responsables du PJD, pour définir les lieux et le niveau de la participation électorale islamiste avant même le scrutin communal, Le Journal affirme que "c’est bien un renversement d’alliances majeur que vient de connaître le jeu politique marocain".

Selon le jounal, cette révision stratégique du pouvoir marocain devrait conduire à la mise sur pied d’une nouvelle coalition gouvernementale dans laquelle le PJD accepterait de participer.

Cité par l’hebdomadaire, le politologue marocain Mohamed Darif estime que "le PJD a réussi à isoler l’USFP¨. "Le parti islamiste sera prochainement appelé à participer dans un gouvernement, et pour cela, il a accepté de jouer la carte du pouvoir", assure-t-il.

Selon ce schéma, le palais tablerait désormais sur une "nouvelle carte politique" constituée de deux pôles. Le premier, conservateur, réunirait au gouvernement notamment le PJD et l’Istiqlal (nationaliste) - frère ennemi de l’USFP dans l’actuelle coalition -, le second, voué à l’opposition, rassemblerait les partis de gauche, notamment l’USFP et le Parti du Progrès et du socialisme (PPS).

L’éditorialiste du Journal évoque ce "nouveau chapitre" dans l’histoire du PJD en pronostiquant qu’il échouera à réaliser la "quadrature du cercle" : "ne pas s’aliéner le pouvoir tout en élargissant sa base populaire". Le conflit est inévitable à terme, avec le palais, car ce dernier, conclut le journal, n’a besoin que de partis "momentanément populaires".

AFP

  • l'Istiqlal se place en 1ère position lors des communales

    Le parti conservateur de l'Istiqlal (nationaliste) est arrivé en tête des partis marocains lors des élections communales de vendredi. Les islamistes du parti Justice et Développement (PJD) ont obtenus 593 sièges se plaçant en onzième position.

  • Maroc : premiers pas islamistes aux élections locales

    Les élections communales marocaines, dont les résultats officiels ont été proclamés samedi, ont été marqués par la stabilité politique mais aussi par les premiers pas des islamistes comme candidats à la gestion locale.

  • L'islamisme marocain entre partage du pouvoir et terrorisme

    La montée de l'islamisme au Maroc, dont témoignent aussi bien les bulletins de vote que la découverte de réseaux intégristes, fait apparaître une mouvance divisée entre l'aspiration au partage du pouvoir et la tentation de la révolte, voire du terrorisme.

  • Maroc : le scrutin communal a freiné la poussée politique islamiste

    RABAT, 14 sept (AFP) - Les élections communales, qui se sont déroulées le 12 septembre au Maroc ont freiné la poussée politique des islamistes dans le royaume, quatre mois après les attentats terroristes perpétrés à Casablanca.

  • L'islamisme fait son chemin au Maroc

    Casablanca n'est peut-être pas le Maroc. Mais c'est pourtant dans la capitale économique du royaume que les islamistes de la Djahidia salafia ont perpétré le 16 mai dernier un triple attentat kamikaze qui avait fait 45 morts et plus d'une centaine de blessés. Depuis, plus d'un millier d'islamistes ont été interpellés. La justice marocaine a prononcé plusieurs peines capitales au cours de plusieurs procès. Boulevard des Forces armées royales, l'hôtel Farah, immense bâtisse de plus de 20 étages, théâtre d'un des attentats du 16 mai, a fait peau neuve.

  • Les islamistes limitent leur participation aux communales

    Le parti Justice et développement (PJD, islamiste), principale force d'opposition au Maroc, présentera un nombre réduit de candidats aux élections communales prévues le 12 septembre, a-t-on appris jeudi à Rabat.

  • Maroc : une élection-test pour la démocratisation du royaume

    Les élections communales qui se tiennent vendredi au Maroc, quatre mois après les attentats terroristes de Casablanca, constituent un test politique délicat pour un royaume soucieux de donner corps à un "processus de démocratisation".

  • Maroc/communales : résultats partiels défavorables aux islamistes

    Les islamistes marocains étaient en position défavorable dans des résultats électoraux partiels donnés en début de nuit à Rabat par Mostapha Sahel, ministre de l'Intérieur, après le scrutin communal de vendredi.

  • Maroc : Élections en trompe-l'oeil

    Premières élections communales sous le règne de Muhammad VI dans un contexte de violence islamiste et de dégradation sociale.

  • Première consultation électorale au Maroc depuis le séisme terroriste du 16 mai

    Quelque 14,5 millions d'électeurs marocains sont invités vendredi aux urnes, pour des élections communales marquant le premier scrutin depuis les sanglants attentats islamistes du 16 mai à Casablanca (45 morts dont 12 kamikazes).