Maroc-Libye : Des marchés à prendre

- 11h33 - Maroc - Ecrit par : L.A

Voici deux pays qui n’en finissent pas de se regarder en chiens de faïence. Pourtant, ils ont en commun plusieurs accords bilatéraux et multilatéraux, en plus de la proximité culturelle et géographique. En effet, aussi bien à l’importation qu’à l’exportation, les échanges commerciaux entre le Maroc et la Libye restent très peu diversifiés. En 2007, ils s’étaient à peine établis à 1,1 milliard de DH. Un chiffre complètement dérisoire si l’on s’en tient au potentiel et aux complémentarités économiques à exploiter.

Sur le total des échanges, les importations ont représenté près de 70%. Les exportations, quant à elles, ont grignoté près de 30%. La Libye devient donc de fait le 38e client du Maroc et son 37e fournisseur. BTP, immobilier, commerce et services, tourisme, hôtellerie, recherche scientifique, production pétrolière… ce ne sont pourtant guère les marchés qui manquent.

Les businessmen japonais, européens et américains l’ont d’ailleurs compris et investissent à tour de bras. De nouvelles relations de diplomatie économique et une nouvelle génération de projets sont désormais enclenchées avec des opérateurs de toutes les nationalités dans la Jamahiriya. Et le Maroc a également sa chance d’obtenir sa part de l’immense gâteau libyen.

Premier secteur à investir, celui de la pharmaceutique où tout reste encore à faire. En effet, « près de 1 million de libyens se déplacent chaque année pour recevoir des soins médicaux en Tunisie ou en Egypte », souligne-t-on à Maroc Export. Une opportunité pour le « Maroc médical » de se tailler sa place. Assurément, l’absence de fabrication locale d’équipements et de matériels médicaux ainsi que la faiblesse de la production libyenne de produits pharmaceutiques font que ce secteur reste très porteur.

L’autre créneau intéressant pour le Royaume réside dans le BTP. En effet, les professionnels de l’immobilier ont de quoi être séduits vu les opportunités d’investissement dans l’habitat, puisque les besoins actuels sont estimés à plus de 50.000 logements par an. La Libye a d’ailleurs lancé un projet pour la création de 350.000 logements sur 5 ans. Et qui dit BTP dit également industrie du câblage et du pré-câblage où le Maroc a tout à apporter.

Rappelons que durant les 11 premiers mois de l’année 2008, le volume global des échanges entre le Maroc et la Libye avait enregistré une croissance de l’ordre de 11% par rapport à la même période 2007. « Une croissance due essentiellement à l’augmentation des exportations de l’ordre de 52% », indique-t-on à Maroc Export. Les importations, pour leur part, se sont illustrées par une régression de l’ordre de 6%.

Totalisant près de 793 millions de DH en 2007, elles ont été essentiellement dominées par 8 produits. Ces derniers ont représenté plus de 80% du total des exportations, dont notamment les produits chimiques (25%), le fer et l’acier (19%), le fioul (16%) et les engrais (14%). Arrivent en quatrième position les gaz et hydrocarbures à hauteur de 8%. Suivent ensuite les matières plastiques (7,5%), les huiles et lubrifiants (5%) et enfin les feuillards en fer et acier (2%).

Quant aux exportations, elles ont engrangé la modique somme de 342 millions de DH. Elles restent dominées par une dizaine de produits qui représentent plus de 80% du total, dont notamment les produits alimentaires divers (48%), les tôles (8%), les produits finis divers d’équipement industriel (5%) et les produits de consommation (4,7%). Arrivent ensuite les produits bruts d’origine animale et végétale (4,6%), les articles confectionnés en tissu (3,8%), les médicaments (3,4%), les conserves de poissons (2,4%), les produits de parfumerie (2,3%) et enfin les fils et câbles électriques (2%).

A noter que durant les 11 premiers mois de 2008, le Maroc avait exporté vers la Libye essentiellement des engrais, des produits alimentaires, des véhicules industriels (dont l’exportation a repris après un arrêt de 4 années), des produits finis divers d’équipement industriel, des demi-produits, des fils de fibres synthétiques et artificielles et certains produits de consommation.

Parallèlement sur la même période, les importations se sont axées essentiellement sur les produits chimiques, les fils, barres, profils fer, qui ont représenté plus de 90% des importations.

Cadre juridique

C’est une myriade d’accords qui régit les relations commerciales entre le Maroc et la Libye. Le plus récent est la convention commerciale et tarifaire signée en 1990 et entrée en vigueur en 1993. Cette dernière institue un régime préférentiel reposant sur l’exonération des droits d’importation et taxes d’effet équivalent. D’autres accords constituent également une plateforme pour les échanges : on retrouve notamment les deux accords signés en 1984 et qui concernent la garantie des investissements et la création d’une société holding mixte.

Voie maritime

« Nous avons négocié plusieurs points avec les officiels libyens à même de privilégier un partenariat économique entre les deux pays. Parmi ces points, la réouverture très prochaine de la voie maritime entre le Maroc et la Libye, ce qui aura pour effet de réduire sensiblement les coûts d’affrètement. Maintenant, la balle est dans le camp des opérateurs économiques marocains qui doivent prospecter et continuer à nouer des contacts avec les hommes d’affaires libyens. Nous nous engageons en revanche à leur fournir toutes les données nécessaires sur le marché libyen et à leur faciliter dans la mesure du possible les formalités d’installation de leurs investissements ».

Débouchés

« Le marché libyen n’a jamais offert un environnement aussi favorable pour les investissements, depuis la levée des sanctions imposées en 1992. Et pour pénétrer le marché libyen dans de bonnes conditions, les entreprises marocaines ont commencé à adopter une stratégie à moyen terme, en envisageant des structures de commercialisation et de distribution, tout en impliquant le secteur bancaire dans le développement des affaires conjointes. Les Libyens restent très demandeurs pour tout ce qui est câblage et pré-câblage. De même que plusieurs débouchés restent à saisir pour le Maroc au niveau de la pharmaceutique, du tourisme et du BTP ».

Source : L’Economiste - Mohamed Mounadi

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