Le Maroc bel et bien en crise !

- 23h53 - Maroc - Ecrit par : L.A

Comme à son habitude, Zouhair Chorfi a fait forte impression, lors de la conférence-débat organisée par le centre de recherche links de la Faculté de Hassan II de Casablanca, le 7 mai dernier. Le directeur du Trésor a, ainsi, répondu, avec brio, à toutes les interrogations et interpellations dont il a fait l’objet au cours de ce séminaire.

Il faut dire que le thème est important : « L’économie marocaine dans le nouveau contexte économique mondial : quelles perspectives ? ». Et les attentes des opérateurs aussi.

L’objectif est triple, expliquer ce qui se passe dans le monde, comment cela va se traduire dans l’économie marocaine et ce qui est fait pour affronter la crise ainsi que les moyens pour en tirer profit. « Car les problèmes apparaissent une fois sorti de la crise », indique Mohamed Berrada, ancien ministre et président de Links.

Dans un monde qui change, il devient de plus en plus l’acte de communication qui n’est pas si facile. « Il faut donc parler vrai et partager, c’est le bateau Maroc qui est concerné », soutient Chorfi. Et d’ajouter qu’« il y va de notre avenir et notre place dans le monde ». Ceci dit, le directeur du Trésor estime que « nous entrons dans un nouveau monde dont l’avenir reste ouvert ». Il est donc difficile de faire quelque pronostic que ce soit. Pour lui, « les années d’exubérance et de passivité sont bel et bien finies ». A ses dires, nous rentrons dans de nouveaux modèles qui devront certainement intégrer les questions du développement durable et d’écosystème.

Quid de l’économie marocaine ? Celle-ci, contrairement à beaucoup d’autres, se porte bien notamment grâce au secteur agricole, même si ce dernier cède du terrain face aux autres secteurs, depuis les 5 dernières années (les services financiers, le tourisme…). De plus, « le solde budgétaire est excédentaire, pour la première fois depuis 5 ans », se réjouit Chorfi. En effet, la loi de Finances a été exécutée avec un excédent de 0,5% grâce à des recettes fiscales exceptionnelles. En effet, leur contribution au PIB est passée de 17% en 2004 à plus de 24% en 2008.

Dans ces conditions, la dette du Trésor diminue pour passer à moins de 48% du PIB contre 62% en 2005. Cette maîtrise du déficit a permis de contrôler les charges d’intérêts de la dette pour résulter sur un gain de 4 points de PIB.

La situation du compte courant, elle, s’est aggravée cette année. « C’est là où on voit la crise », explique Chorfi. Le déficit se chiffre à -5,8% du PIB. Ce compte courant de la balance des paiements est constitué des transferts des MRE et des recettes de tourisme. Deux postes qui ont marqué le pas en 2008 avec des reculs respectifs de 4 et 5%. En outre, il y a également l’aggravation du déficit commercial qui est passé à 166 milliards de DH en partie à cause de la hausse de la facture énergétique (50 milliards de DH en 5 ans). De plus, les exportations marocaines, hors OCP, ralentissent leur rythme de croissance à 2%.

Par conséquent, Chorfi relève les premiers signaux de la propagation de la crise au Maroc. La ponction de 11 milliards de DH des avoirs extérieurs à cause de la revue à la baisse de la prévision d’importation de biens et services à 6,5 mois (au lieu de 8 mois auparavant).

Autre impact, la baisse des transferts de MRE qui se traduit par un recul sensible de 15% à pas plus de 3 milliards de DH durant les trois premiers mois de l’année. Idem pour les recettes touristiques qui se replient de 20% au cours du 1er trimestre, mais paradoxalement il y a une augmentation du nombre de nuitées et d’arrivées. « Un lien difficile à établir », précise Chorfi.

Le rythme des exportations, à son tour, se replie de 18% (hors OCP) au 1er trimestre. Bien sûr dans ces exportations, il y a le textile où la rupture est très nette. « On exporte de moins en moins mois après mois », indique-t-il. A fin mars, elles se déprécient de 11%. Pis encore pour les équipementiers automobiles qui se retrouvent avec des replis de 40 à 50%. In fine, ces différentes composantes impactent la croissance.

Comment alors remédier à cela ? Trois types de mesures : pour les entreprises exposées, l’Etat leur garantit un fonds de roulement à hauteur de 60%. Il propose également un moratoire de rééchelonnement de leur dette pour 2009. Second volet, la poursuite de la promotion des exportations par la prise en charge de 80% des dépenses des entreprises qui vont prospecter les marchés internationaux. Et pour tous les produits d’assurance à l’export, l’Etat a baissé le taux à 1% au lieu de 3 auparavant. Le troisième niveau est la préservation des emplois. Ainsi, L’état s’engage à financer 20% de la masse salariale pour les entreprises qui ont fait l’effort de préserver l’emploi. Actuellement, plus de 200 entreprises ont déjà bénéficié de ce mécanisme. S’ajoute à cela la mise en place d’un fonds de garantie de l’ordre de 50% pour l’accès au logement (800.000 DH) de la classe moyenne. Enfin, l’accélération du rythme des investissements publics. « A fin mars, nous avons déjà engagé 40% des dépenses d’investissement de la loi de Finances », révèle Chorfi. Alors que généralement c’est pendant le second semestre que cela se fait. Le but est de maintenir l’activité.

Source : L’Economiste - M. A. B.

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