Maroc : place à la spéculation foncière

- 18h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Au Maroc, l’urbanisation galopante alimente la flambée des prix du foncier, notamment dans les zones devant accueillir les grands projets d’infrastructures dans le cadre de la Coupe du monde 2030.

Le taux d’urbanisation au Maroc a atteint 62,8 % en 2024, contre 60,3 % en 2014 et 55,1 % en 2004, font savoir Les Inspirations Éco, ajoutant qu’il pourrait monter à 73,6 % d’ici 2050. Cette hausse continue entraine une flambée des prix du foncier, en particulier dans les zones périurbaines et rurales où la demande de terrains est en forte hausse. De même, 90 % des collectivités territoriales sont couvertes par des documents d’urbanisme, ce qui facilite l’approbation de projets urbains, la planification d’équipements publics (routiers notamment), ainsi que la création de zones industrielles, logistiques, commerciales et touristiques, souligne le média spécialisé.

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Toutefois, cette dynamique alimente la spéculation dans les zones péri-urbaines ciblées pour accueillir les grands projets d’infrastructures liés à la Coupe du monde 2030, indique le quotidien, précisant que les villes comme Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger concentrent environ 29 millions d’habitants sur les 36 millions que compte la population marocaine. L’urbanisation a également touché de nombreuses zones agricoles situées hors périmètre urbain. Près de 120 000 hectares, dont 55 000 pour les activités économiques et 61 900 pour l’habitat sont concernés depuis la circulaire conjointe du 29 avril 2022, autorisant la délivrance d’attestations de vocation non agricole (AVNA).

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Des plans d’aménagement urbain, de développement des agglomérations rurales, ainsi que des plans sectoriels et de restructuration sont prévus pour soutenir cette dynamique. Dans ce sens, le ministère de l’Habitat a relancé l’étude du schéma prospectif de développement des systèmes métropolitains à l’échelle nationale. D’un coût de 2,8 millions de dirhams, cette étude va être menée en deux phases : l’une portera sur le diagnostic territorial et le benchmark international, et l’autre sur l’élaboration d’une vision stratégique. Elle devrait être achevée en décembre 2026 et vise à rééquilibrer le développement territorial du royaume, dans la perspective du Mondial 2030.

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