Maroc : trop de radars de vitesse ?
Le débat sur la sécurité routière a pris une tournure inattendue à la Chambre des conseillers ce lundi. Lors de l’examen du budget du ministère du Transport, Mohamed Belfkih,, élu du Rassemblement national des indépendants (RNI), a vivement critiqué la multiplication des dispositifs de contrôle de vitesse, qualifiant cette densité d’« abus » et de « harcèlement » envers les automobilistes.
L’élu a pris l’exemple précis de l’axe reliant Sidi Ouassay à Tiznit. Selon lui, ce tronçon est saturé de dispositifs de contrôle, comptant quatre radars fixes auxquels s’ajoutent quatre à cinq caméras mobiles. Interpellant directement le ministre du Transport sur cette situation qu’il juge excessive, il a reçu une réponse pour le moins surprenante. Le responsable gouvernemental a admis connaître parfaitement l’emplacement de ces radars, confessant : « Oui, entre Sidi Ouassay et Tiznit, ils m’attrapent moi aussi ». Une franchise qui a provoqué la réplique ironique du parlementaire : « Si même vous, Monsieur le ministre, vous vous faites attraper, je n’ai plus rien à dire ».
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Au-delà de l’anecdote, Mohamed Belfkih a remis en question l’impact réel de cette politique répressive. Il a fait remarquer que la prolifération des radars ne se traduisait pas par une amélioration des indicateurs de sécurité routière. Il s’est interrogé sur la finalité de ces contrôles massifs, suggérant qu’ils pourraient servir d’autres objectifs que la simple prévention des accidents.
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Le conseiller a également pointé du doigt l’inadéquation de certaines limitations, estimant qu’imposer une vitesse de 60 km/h surveillée par quatre radars sur une même portion était incompréhensible pour les citoyens. Il a argué que les véhicules modernes dépassent naturellement ce seuil dès leur mise en mouvement, affirmant que même les forces de l’ordre au volant pourraient difficilement respecter une telle contrainte.