Colère des Marocains contre Ryanair
Si les tarifs attractifs de Ryanair séduisent les voyageurs, l’envers du décor serait bien moins reluisant pour les employés marocains. Noureddine Slik, président du groupe de l’Union marocaine du travail (UMT), a lancé une charge virulente contre la compagnie low-cost au Parlement, l’accusant d’exploiter sa main-d’œuvre et d’exercer un “chantage” sur l’État malgré les subventions perçues.
Lors de la discussion du budget du ministère du Transport à la Chambre des conseillers ce lundi, le représentant syndical a tenu à briser le mythe des prix bas. Selon lui, cette compétitivité tarifaire dissimule de graves violations des droits des travailleurs. Il a affirmé que la compagnie irlandaise emploie des Marocains avec des « salaires dérisoires », sous des contrats temporaires et sans aucune couverture sociale. Il a opposé ce modèle à celui de la Royal Air Maroc (RAM), qui assume l’intégralité du coût social et garantit le salaire minimum à ses équipes.
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Pour Noureddine Slik, cette situation constitue un test pour la crédibilité de l’État social. Il estime que Ryanair profite des avantages accordés par l’Office national marocain du tourisme (ONMT) pour imposer ses conditions et rendre les politiques de transport régional dépendantes de ses décisions, une forme de « chantage » observée ailleurs en Afrique et en Europe.
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Le conseiller a également pointé du doigt la qualité de service, évoquant le mauvais traitement des passagers, notamment les personnes âgées, et les frais cachés sur les bagages. Face aux enjeux futurs comme le Mondial 2030, il a appelé le gouvernement à mettre en place une politique claire pour appuyer financièrement et logistiquement la RAM, voire à créer des compagnies régionales, plutôt que de tolérer des voyages à bas prix qui se font au détriment du respect des lois et de la dignité des travailleurs.