Le Maroc vise le top 10 mondial du tourisme

- 08h00 - Maroc - Ecrit par : P. A

Déjà leader incontesté en Afrique, le Maroc ambitionne de rejoindre le cercle fermé des dix destinations touristiques les plus visitées au monde à l’horizon 2030.

Meryem Bennouna, directrice Royaume-Uni, Irlande et pays nordiques de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), a rappelé cette vision lors d’une présentation à Londres, à quelques semaines du Salon mondial du tourisme (WTM) prévu en novembre. « Le Maroc est déjà la première destination touristique d’Afrique », a-t-elle affirmé, soulignant qu’« il existe un écart considérable entre le Maroc et le deuxième pays le plus visité du continent, l’Égypte ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le Maroc a accueilli 17,4 millions de visiteurs internationaux en 2024 contre 15,78 millions pour l’Égypte, soit une progression de 20 %, « le niveau le plus élevé de l’histoire du tourisme marocain ». À fin juillet 2025, les arrivées avaient déjà atteint 11,6 millions, soit « une hausse annuelle de 16 % », portée notamment par les marchés britannique, français, espagnol, italien et allemand. Le Royaume-Uni a « presque doublé ses vols hebdomadaires vers le Maroc en un an, avec désormais des départs depuis quatorze aéroports régionaux ». British Airways inaugurera en novembre une liaison directe Gatwick–Rabat.

À lire : Maroc : le tourisme explose et bat tous les records

Mais l’ambition du Maroc est plus grande. « Nous voulons devenir une destination mondiale du top 10 – c’est notre dessein », soutient Bennouna. Pour y parvenir, le Maroc devra « dépasser le seuil de 36 millions d’arrivées internationales », le niveau atteint par la Grèce, dixième en 2024. Des investissements massifs accompagnent cette ambition. Des aéroports s’agrandissent, de nouvelles autoroutes sortent de terre et une ligne à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech, via Casablanca, est en construction. Selon Bennouna, « cette extension ferroviaire réduira sensiblement les temps de trajet entre les principales villes ». Le secteur hôtelier n’est pas épargné. On note l’ouverture de plusieurs établissements de luxe en 2024 et d’autres sont prévues pour 2026. « Le fait que de grandes enseignes se disputent l’ouverture d’hôtels au Maroc est éloquent », souligne la responsable.

À lire : Tourisme : le Maroc vise plus haut, plus vite

Le Maroc accélère la mise à niveau de ses infrastructures, en prévision de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, afin de faire vivre un moment inoubliable aux visiteurs. « Nous cherchons à élever nos standards au niveau de nos pays co-hôtes : normalisation des compagnies de taxis, classification des hôtels, qualité de service », indique Bennouna. D’autres événements majeurs renforceront la visibilité du royaume, dont la Coupe d’Afrique des Nations en décembre et le GX Summit de G Adventures en septembre 2026, que la responsable considère comme « une rencontre essentielle avec la communauté du voyage d’aventure ». La stratégie de communication mise désormais sur les créateurs de contenu et la diversification de l’offre. « Beaucoup voient le Maroc comme une destination culturelle et historique sans savoir que notre littoral s’étend sur 3 500 km, entre l’Atlantique et la Méditerranée, avec d’innombrables plages préservées », explique-t-elle. Le golf représente aussi un potentiel inexploité avec quarante-cinq parcours : « Nous n’attirons encore qu’une fraction des golfeurs, alors que notre offre est plus compétitive que celle de destinations saturées ».

À lire : Maroc : le tourisme bat des records grâce aux touristes Français

Malgré cette croissance rapide, le Maroc entend préserver son authenticité. Bennouna assure que le pays demeure à l’abri du tourisme excessif. « Nous sommes très loin de devenir un Dubaï ou un Abou Dhabi. Nous disposons d’espace, nous protégeons nos sites patrimoniaux et chaque route nouvelle relie des communautés locales au tourisme », assure-t-elle, précisant que « les kasbahs recrutent souvent dans les villages environnants et que le tourisme soutient les coopératives d’huile d’argan, de roses et de safran, contribuant à l’autonomie des femmes et des artisans ». Pour partager sa vision du tourisme, le royaume prépare une présence renforcée aux salons professionnels. « Cette année, notre pavillon au WTM London accueillera des démonstrations culinaires, des artisans et un défilé de caftans », annonce Bennouna qui prévoit pour 2026 « un espace sensoriel plus vaste, conçu pour offrir une expérience immersive et mettre en valeur l’alliance d’authenticité, de créativité et d’accessibilité qui caractérise le Maroc ».