Une Marocaine au sommet de la mode : son plus beau succès n’est peut-être pas sur les podiums
De Marrakech aux défilés de Victoria’s Secret, Rania Benchegra s’est imposée dans la mode internationale. À nouveau à l’honneur dans Harper’s Bazaar Arabia, la mannequin marocaine raconte comment sa vision de la réussite a changé. Et surtout pourquoi elle veut désormais ouvrir des portes aux jeunes filles de son pays.
Une bourse universitaire pour étudier aux États-Unis. Pour Rania Benchegra, habituée aux podiums de Louis Vuitton, Versace et Schiaparelli, cette réussite a une saveur particulière. En février 2025, la mannequin marocaine racontait avec enthousiasme qu’une jeune fille accompagnée par l’association qu’elle soutient venait d’obtenir cette chance dans le Connecticut. Un résultat qui compte autant, à ses yeux, que ses succès dans la mode.
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Le parcours de Rania ressemble pourtant à un rêve devenu réalité. Enfant, elle jouait au football dans les ruelles de la médina de Marrakech. Sa mère regardait avec elle les défilés de Victoria’s Secret, tandis que son père lui apprenait à marcher comme un mannequin. Elle avait commencé à poser dès l’âge de cinq ans.
En 2024, elle réalise justement son rêve en participant au défilé de la célèbre marque américaine, aux côtés de Kate Moss, Carla Bruni et Tyra Banks. Installée à New York, elle enchaîne depuis les collaborations avec les grandes maisons et les séances photographiques.
Mais dans un nouvel entretien publié le 8 octobre par Harper’s Bazaar Arabia, à l’occasion d’une nouvelle couverture, Rania confie avoir changé de regard sur sa carrière. « Avant, je pensais que la réussite consistait toujours à obtenir le prochain contrat, à atteindre le prochain objectif », explique-t-elle. Désormais, elle privilégie une vie dans laquelle elle se sent bien, même lorsque personne ne la regarde.
Des podiums internationaux aux jeunes filles marocaines
Cette évolution se traduit par son engagement auprès de LEAD Africa, une organisation qui associe sport et éducation pour accompagner des jeunes disposant de peu de moyens. Au Maroc, Rania participe personnellement à cette aventure.
Elle ne se contente pas d’apparaître sur les photographies de l’association. Dans un précédent entretien accordé au magazine en février 2025, elle détaillait son travail : rechercher des financements, convaincre des sponsors, visiter l’académie et rencontrer les filles. La bourse universitaire obtenue par l’une d’elles illustrait déjà les possibilités offertes par cet accompagnement.
« J’ai eu énormément de chance de pouvoir quitter le Maroc, et beaucoup d’autres n’ont pas cette possibilité », confiait-elle alors. Elle estime que certains de ces jeunes possèdent un potentiel immense, mais ne disposent pas des mêmes opportunités pour le développer.
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Son attachement aux femmes marocaines apparaît également dans une confidence plus personnelle. Dans son nouvel entretien, elle révèle que la photographe et artiste marocaine Lalla Essaydi est sa tante. Elle a même posé pour l’une de ses séries, une expérience qui nourrit son admiration pour le travail de l’artiste sur la représentation des femmes arabes.
Rania Benchegra veut désormais que son parcours serve aussi à d’autres. Une ambition qu’elle formulait déjà en 2025 : encourager les jeunes à assumer leur identité et à « rêver sans limites ». Pour la mannequin marrakchie, cela passe aujourd’hui aussi par les salles de classe et les terrains de sport.