Pour certaines Marocaines, le problème n’est pas de trouver un emploi mais de pouvoir y aller

- 09h00 - Maroc - Ecrit par : Nadia El Aoudani

Le Maroc a intégré l’égalité entre femmes et hommes dans ses règles budgétaires. Pour la Banque mondiale, il faut désormais mieux mesurer les résultats : les dépenses publiques facilitent-elles les déplacements, l’accès aux services et l’emploi des Marocaines ?

Dans une analyse publiée le 2 octobre, la Banque mondiale reconnaît les avancées du royaume, pionnier régional de la budgétisation sensible au genre. Elle insiste sur le suivi des effets concrets de ces politiques, notamment au niveau local.

Sur Bladi.net : Pourquoi si peu de Marocaines travaillent

L’exemple des transports donne tout son sens à cette démarche. Une analyse menée en 2025 par le ministère du Transport et de la Logistique a relevé une desserte rurale insuffisante, des passages irréguliers et des difficultés liées à la sécurité ou au harcèlement. Autant d’obstacles à l’accès au travail dans un pays où moins d’une femme sur cinq participe au marché de l’emploi.

Ces difficultés étaient déjà documentées en 2022. Dans une étude consacrée aux trajets domicile-travail au Maroc, la Banque mondiale décrivait les correspondances multiples, les coûts et les horaires difficiles à concilier avec la garde des enfants.

Les entreprises en subissaient aussi les conséquences. Des industriels de Tanger et Casablanca signalaient des salariés épuisés par leurs déplacements et difficiles à fidéliser. Certaines sociétés organisaient elles-mêmes le transport du personnel pour compenser les insuffisances du réseau public.

Mesurer les résultats des dépenses publiques

Le dispositif budgétaire doit permettre de tenir compte de ces besoins dans les choix de financement. Un outil expérimenté en 2024-2025 sert à classer les dépenses selon leur contribution à l’égalité. Le programme ENNAJAA soutient cette démarche dans la programmation des ministères, tandis que plus de 800 fonctionnaires ont été formés.

L’accès à l’emploi passe également par les services de garde. En avril, la Banque mondiale avait approuvé un financement de 500 millions de dollars pour soutenir l’emploi et la croissance verte au Maroc.

Sur Bladi.net : Le Maroc cherche son nouveau moteur de croissance

Parmi les objectifs de cette opération figurent plus de 40 000 places supplémentaires dans des structures de garde d’enfants agréées et 1 200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur. Ces services doivent permettre à davantage de mères de travailler ou de rechercher un emploi.