Marrakech : une fontaine inachevée au cœur d’un projet royal de 700M DH suscite l’indignation
Plus d’une décennie après le lancement du programme royal « Marrakech, cité du renouveau », un sentiment d’inachevé domine dans la ville ocre. Le projet de la place des Ferblantiers (Ksadria), située dans le quartier du Mellah, est devenu le symbole de cet ambitieux plan de modernisation resté en suspens, suscitant des interrogations sur l’utilisation des fonds alloués.
Au cœur de ce dossier se trouve une fontaine, aujourd’hui comblée, qui devait devenir un emblème esthétique de la ville. Le projet global, d’un budget dépassant les 700 millions de dirhams, prévoyait la réhabilitation complète de la place, incluant un nouvel éclairage, un dallage et des pavillons d’information touristique. Onze ans plus tard, ces pavillons restent fermés, le dallage est jugé de « qualité médiocre » et la place ressemble à un « chantier interrompu ».
Selon un acteur associatif interrogé par Al3omk, les travaux de la fontaine ont été soudainement arrêtés après le démantèlement de l’ancienne structure et le creusement du bassin, sans aucune explication officielle. Le projet initial d’une « fontaine dansante synchronisée avec la lumière et la musique » s’est transformé en un espace délaissé.
Des appels à l’ouverture d’une enquête
Face à cette situation, des acteurs associatifs dénoncent des explications « floues et contradictoires » de la part des autorités. Ils soulignent que cette place, située dans une zone très fréquentée près de Jemaa El-Fna, aurait dû devenir un espace convivial, mais s’est transformée en « symbole de l’abandon ». Ils demandent aujourd’hui l’ouverture d’une enquête sur le sort des travaux et des millions de dirhams alloués.
Le programme « Marrakech, cité du renouveau », lancé en 2014 par le roi Mohammed VI, visait à faire de la ville une métropole conciliant authenticité et modernité. Plus de dix ans après, le retard constaté sur de nombreux chantiers, comme celui de la place El Qzadria, suscite une inquiétude croissante quant au devenir de ces projets royaux structurants.