Marrakech : le logement économique brade aussi

- 23h56 - Maroc - Ecrit par : L.A

Signe des temps ? Jamais un promoteur public, spécialisé dans le logement économique, n’a tenu des journées portes ouvertes pour commercialiser ses produits. Et c’est à Marrakech qu’Al Omrane ouvre le bal. Habituellement, le stock des logements économiques « améliorés » est vendu avant même que ne démarre la commercialisation officielle.

Apparemment, ce n’est plus le cas à Marrakech. Les temps sont donc devenus durs pour l’immobilier et beaucoup de promoteurs se retrouvent avec des unités invendues. Cela explique peut-être pourquoi l’opérateur immobilier Al Omrane a organisé des journées portes ouvertes pour la première fois, et ce, durant un week-end de grande affluence dans la cité ocre (1er au 3 mai). Journées qui ont suscité d’ailleurs l’intérêt de plusieurs visiteurs.

Il est clair que dans ce contexte de crise, l’inquiétude commence à gagner des opérateurs de l’immobilier, notamment dans le résidentiel. En effet, depuis 2008, le secteur subit, à Marrakech particulièrement, des corrections de prix oscillant entre 10 et 15%, voire même plus, selon les catégories. Une sorte d’ajustement qui, espère-t-on, contribuera au moins à éliminer les spéculateurs. L’abondance de ces derniers a fait que les prix pratiqués jusque-là à Marrakech étaient totalement surréalistes.

Officiellement, on préfère parler d’un ralentissement du rythme des transactions lié au standing des appartements. Mais on sait que le secteur connaît des baisses drastiques de ventes, malgré les allures optimistes affichées ici et là par les promoteurs. Pour preuve, les campagnes de communication tous azimuts lancées par les professionnels, en premier lieu dans le haut standing.

Ainsi, Prestigia (groupe Addoha) a tenu à faire coïncider ses journées portes ouvertes avec le 1er jour d’un évènement de prestige organisé récemment dans la cité ocre : le Marrakech Grand Prix qui s’est tenu le premier week-end du mois de mai. Visiblement, en dépit des déclarations optimistes de ses commerciaux, les villas et appartements haut standing du groupe sis sur la route de l’Ourika et la palmeraie « ne se sont pas écoulés comme des petits pains ».

Pour beaucoup, l’immobilier à Marrakech connaît plutôt une crise structurelle. Parce qu’au-delà de l’impact du marasme économique, il y a eu une surabondance de produits qui ciblent tous la même gamme (haut standing), alors que cette catégorie, à elle seule, ne pouvait absorber cette pléthore d’unités. A cela s’ajoute l’absence de normes définies du haut standing (et encore moins du moyen standing) qui prête à confusion.

De son côté, Al Omrane Marrakech a organisé ses journées portes ouvertes sous forme d’un mini-salon auquel étaient associées plusieurs banques du Maroc. Pour le promoteur, c’est une nouvelle forme d’aller vers les clients, acquéreurs potentiels, et des familles. « Ces journées sont une occasion supplémentaire qui permet à Al Omrane Marrakech de concentrer, dans un seul espace accessible à tout le monde, l’ensemble de son œuvre dans le développement urbain de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz et la province de Safi, et surtout de faire découvrir ses différentes offres en cours de commercialisation, de construction ou en gestation ».

Et ce n’est pas tout. Les prix ont été revus à la baisse. À l’exception du logement purement social, les prix démarrent à partir de 6000 DH/m2 et ce, pour l’ensemble des produits. Des baisses qui seraient dues, selon les managers d’Al Omrane, aux chutes des prix des matières utilisées dans la construction, comme le ciment, l’acier, ou encore l’abondance aujourd’hui de la main-d’oeuvre...

32 ans de service

Acteur majeur depuis 32 ans dans le secteur de l’immobilier dans la région, l’ambition d’Al Omrane Marrakech va au-delà des ventes, affirment ses managers. Le groupe ambitionne de « façonner le paysage urbain des villes ». Ce n’est pas pour rien qu’il vient de se doter d’une certification qui va lui permettre de promouvoir son image de marque et de renforcer ses partenariats stratégiques avec le privé.

Source : L’Economiste - Badra Berrissoule

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