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Mehdi Nafti souhaite le respect de l’hymne national marocain

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13 février 2004 - 17h36 - Sport

Devenu le véritable douzième homme de la Tunisie lors de cette 24e Coupe d’Afrique des nations, le public du stade de Radès va une nouvelle fois s’époumoner samedi pour tenter d’oxygéner davantage les Aigles de Carthage dans la quête de leur premier sacre continental face au Maroc, dans une finale entièrement maghrébine.

Blousé en 1965 et 1994 quand l’équipe nationale avait été éliminée des deux premières CAN disputées sur ses terres, le public a repris à son compte la phrase favorite de Roger Lemerre : "Seule la victoire est belle".

Tous les moyens sont apparemment bons pour y parvenir, puisque les 60.000 spectateurs de Radès n’ont pas hésité lors des précédents matches à siffler les hymnes nationaux des équipes rencontrées par la Tunisie.

"J’aimerais que le public respecte l’hymne marocain. Ce n’est pas de mon goût que l’on siffle les hymnes nationaux", a déclaré vendredi à Hammamet Mehdi Nafti, le milieu de terrain de Santander.

L’international de 25 ans comprend d’autant moins cette attitude qu’il juge prépondérant le soutien du public de Radès.

"C’est ce public qui a joué en prolongations contre le Nigeria, car pour nous, les jambes ne suivaient pas !", explique Nafti.

La Tunisie a battu le Nigeria aux tirs au but en demi-finale après avoir dû jouer 30 minutes de prolongations.

Les spectateurs marocains seront minoritaires lors de la finale, malgré les 11 charters affrétés par Royal Air Maroc vendredi et samedi, et la liaison maritime entre Nador et Tunis, qui devraient assurer le soutien d’environ 2.000 supporters aux Lions de l’Atlas.

"Notre public a la capacité de déstabiliser le Maroc", a souligné Roger Lemerre, qui estime que "la Tunisie peut marquer l’histoire".

"Ce public peut faire douter le Maroc dans les moments importants", ajoute Lemerre qui se méfie de cet adversaire venu par le passé s’imposer ici même en qualifications de la CAN. "Ce public a déjà été très fort face au Nigeria".

Héroïque en demi-finale face au Nigeria, puisqu’il a stoppé un tir au but, le gardien Ali Boumnijel témoigne de la ferveur du public de Radès.

"A Radès, le public est un facteur énorme", dit-il. "Il y a tellement de bruit qu’il m’est presque impossible de communiquer avec mes défenseurs. Il m’est arrivé de dire "laisse le ballon" et de ne pas être entendu !"

Badou Zaki, le sélectionneur du Maroc, ne croit pas que le public fera la différence. "Nous n’avons pas été impressionné face à l’Algérie", rappelle-t-il.

A Sfax en quart de finale, le Maroc avait joué devant une foule hostile de supporters algériens et l’avait emporté 3-1 en prolongations.

Reste que Ndoye Falla, l’arbitre sénégalais de la finale aura une pression énorme sur les épaules. Sa tâche ne s’annonce pas facile puisque la Tunisie a éliminé en quart le Sénégal. Ses décisions en défaveur des Aigles ne devraient pas trouver grâce aux yeux des bouillants spectateurs de Radès. AP

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