Des militaires marocains impliqués dans un vaste trafic de drogue

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Des militaires seraient impliqués dans l’affaire Lhaj Ahmed Benbrahim alias « Escobar du Désert », du nom du Malien incarcéré dans la prison d’El Jadida depuis 2019 puis transféré à la prison d’Oukacha. Ils auraient facilité le trafic de drogue.

L’affaire « Escobar du désert », qui a conduit à l’arrestation du président de la région de l’Oriental, Abdenbi Bioui, et de Saïd Naciri, président du Wydad Casablanca, n’a pas fini de livrer tous ses secrets. Des écoutes des appels interceptés par la BNPJ, impliquant des individus parmi la vingtaine d’accusés jugés devant la chambre criminelle près de la cour d’appel de Casablanca révèlent que des militaires marocains seraient des complices du réseau présumé d’Abdenbi Bioui soupçonné d’avoir acheminé 200 tonnes de cannabis du Maroc vers l’Algérie, à travers la frontière orientale jusqu’en octobre, quelques jours avant le début des arrestations, rapporte Médias24.

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Les auditions des « têtes du réseau » n’ont pas encore été effectives, mais les « petites mains » ont été déjà entendues. De leurs auditions devant la chambre criminelle de Casablanca, il ressort des complicités aux frontières maroco-algériennes. « Je ne suis qu’un petit agriculteur. Je n’ai rien à voir avec cette histoire. Vous vous trompez de personne. Les Benaouda sont nombreux dans mon douar et dans ma région », affirme un certain A.B., accusé d’avoir « facilité la sortie illégale de Marocains du territoire national », « corruption » et « participation au trafic de drogue ». Il aurait intégré le réseau grâce à un soldat à la retraite prénommé Abderrazak qui lui aurait communiqué les numéros de ses anciens collègues en poste aux frontières.

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Le trafiquant présumé tente de convaincre le juge que les policiers avaient arrêté un homonyme, mais les écoutes de la BNPJ le confondent. Dans ses conversations avec ses complices, il évoquait les points 88 et 90, les zones de passage vers l’Algérie préférées du réseau. D’après ses conversations, le modus operandi du réseau consiste à contacter le militaire en poste à chaque opération afin que celui-ci détourne la caméra de surveillance et facilite le transit du cannabis. La drogue était souvent répartie en dix tranches et acheminée de nuit en plusieurs étapes et par des points de passage différents. Une fois l’opération réussie, le soldat en charge de détourner la caméra recevait 36 000 dirhams pour chaque ballot, tandis que les passeurs, généralement de petits agriculteurs, percevaient, eux, 10 000 dirhams.

Les auditions se poursuivront devant la chambre criminelle de Casablanca vendredi 21 février 2025.

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