10 millions réclamés, une mère menacée d’être décapitée : le cerveau présumé déjà condamné au Maroc
Quatre hommes ont été renvoyés devant les assises des Yvelines pour la séquestration d’une mère de famille. Le commanditaire présumé, Badiss Bajjou, devrait manquer le procès : incarcéré au Maroc, le Franco-Marocain y a déjà été condamné à 25 ans de prison.
Le dossier vient de franchir une nouvelle étape en France. Idriss L., 36 ans, présenté comme le logisticien de l’opération, a récemment été mis en accusation avec trois autres hommes devant la cour d’assises des Yvelines. Sa demande de remise en liberté a été rejetée mardi par la chambre de l’instruction de Versailles, rapporte Le Parisien.
Les faits remontent au 20 juillet 2023 à Élancourt. Au lever du jour, un faux livreur portant un gilet jaune sonne chez une femme de 56 ans. Dès qu’elle ouvre, deux hommes la poussent dans l’appartement, puis l’attachent aux pieds, aux genoux et aux épaules avec du ruban adhésif. Leur véritable cible est son fils, qui dirige à New York une société financière spécialisée dans le bitcoin.
Les agresseurs étendent une bâche au sol et menacent leur otage avec un marteau et une machette. Ils exigent que son fils verse 10 millions d’euros en cryptomonnaies, faute de quoi ils promettent de couper l’oreille de sa mère ou de la décapiter. La victime est dénudée, aspergée de détergent, puis rincée sous la douche. Le commando quitte finalement les lieux après avoir reçu l’équivalent de 30 000 euros.
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La quinquagénaire parvient ensuite à retirer son bâillon et à appeler au secours. Alerté par ses cris, un voisin entre par une fenêtre et la libère. Les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme de Versailles exploitent alors la vidéosurveillance, la téléphonie et les traces laissées dans l’appartement. Ils identifient notamment une Peugeot 3008 volée deux jours avant l’agression.
Le logisticien reste en prison
Idriss L. est interpellé le 7 septembre 2023 chez sa petite amie au Perreux-sur-Marne, alors qu’il aurait préparé une valise pour quitter le pays. Les policiers découvrent 25 000 euros en liquide, un téléphone et un ordinateur. Dans un carnet retrouvé à son domicile de Jouars-Pontchartrain figure aussi l’annotation « voir les sicarios », un terme employé par les agresseurs.
Le suspect reconnaît avoir participé à la préparation du plan et avoir communiqué l’adresse de la victime ainsi que le code d’accès de son immeuble. Il soutient toutefois qu’il ignorait que l’opération viserait une femme. Son avocate insiste sur son rôle secondaire et sur l’absence de contact direct avec la victime.
Deux exécutants présumés, Franck Aimé B. et Chaher B., seront également jugés. L’ADN du second aurait été retrouvé sur une bouteille de détergent abandonnée dans l’appartement. Un autre suspect a reconnu les faits après son extraction de la maison d’arrêt de Niort et a désigné Idriss L. comme celui qui l’aurait guidé.
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Le quatrième accusé est Badiss Bajjou, considéré par les enquêteurs comme le commanditaire présumé. Après avoir fui la France, le Franco-Marocain avait été interpellé à Tanger en juin 2025. Il devrait être absent du procès français, le Maroc n’extradant pas ses ressortissants.
Cette absence ne signifie pas qu’il a échappé à la justice. Le 21 mai 2026, la justice marocaine l’a condamné à 25 ans de réclusion pour plusieurs crimes liés à un réseau d’enlèvements et d’extorsion. Cette condamnation prononcée au Maroc doit toutefois être distinguée de la procédure d’Élancourt, dans laquelle Badiss Bajjou reste un accusé présumé innocent. Aucune date n’a encore été fixée pour le procès aux assises des Yvelines.