Mort d’un Marocain après un Taser : l’Espagne déchirée par la polémique
Le décès d’un Marocain d’une interpellation policière suscite une confrontation politique en Espagne. Alors que la dirigeante de Podemos qualifie l’intervention d’« assassinat » raciste, les syndicats de police contre-attaquent en justice, défendant la thèse de la légitime défense face à un individu agressif.
La polémique s’est déplacée sur le terrain judiciaire mercredi. Le Syndicat unitaire de police a déposé plainte contre Ione Belarra suite à ses propos tenus sur les réseaux sociaux. La secrétaire générale de Podemos avait comparé le décès du Marocain aux violences conjugales, exigeant l’arrêt immédiat de la « violence policière raciste ». En réponse, le syndicat Jupol soutient les agents intervenus, décrivant un suspect qui aurait crié « Allah est grand » en brandissant des ciseaux, une version fermement contestée par l’entourage de la victime.
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Au-delà de l’affrontement politique, l’enquête se concentre sur l’usage du pistolet à impulsion électrique. Le protocole d’utilisation est remis en question : le fabricant Axon déconseille formellement son usage sur des personnes en état d’agitation, argument pourtant avancé par la police pour justifier ses tirs. De plus, la Direction générale de la police restreint l’usage du Taser aux cas de « nécessité extrême ». Les proches d’Haitam, soutenus par plusieurs collectifs, réclament le visionnage des caméras de surveillance, affirmant que l’homme ne souffrait d’aucune pathologie cardiaque et que l’incident initial relevait d’un simple malentendu concernant un chargeur de téléphone.
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Les faits remontent à dimanche dernier dans un cybercafé à Torremolinos, dans le sud du pays. Alertés pour une tentative de vol présumée, huit agents ont tenté de maîtriser cet homme de 35 ans. Pour le menotter, ils ont fait usage de deux pistolets Taser, administrant trois décharges de 1 200 volts. Une vidéo diffusée en ligne montre l’intervention et fait entendre les cris du détenu avant qu’il ne succombe à un infarctus. Ce décès porte à cinq le nombre de personnes racisées mortes lors d’interventions policières en Espagne au cours de l’année écoulée.