Il nettoyait les rues de Sebta il y a quelques mois, le voilà candidat au Sénat espagnol
À 26 ans, Abdellah Mustafa s’apprête à entrer dans la campagne sénatoriale espagnole. À Ceuta, où il a grandi, son nom s’est imposé cet été quand sa famille et des bénévoles ont organisé un refuge pour près de 900 femmes et mineurs migrants.
Il préparait les repas dans un établissement accueillant des personnes handicapées. Le 29 novembre, son nom figurera sur les bulletins de vote à Ceuta. Abdellah Mustafa, 26 ans, est candidat indépendant au Sénat espagnol au sein de la coalition de gauche Senado de Progreso, révèle El País ce mardi 27 octobre.
Ceuta, c’est toute son histoire. Né et élevé à Sidi Embarek, dans la périphérie de la ville, cet Espagnol d’origine marocaine préside depuis 2022 l’association de quartier. Cinquième d’une fratrie de huit enfants, il a grandi auprès de sa mère Karima. Avant l’été, il avait même travaillé quelques mois comme agent de propreté.
Fin juillet, les arrivées massives depuis le Maroc bouleversent la ville. Des femmes et des enfants se retrouvent sans abri. Avec sa mère, ses sœurs, des voisins et plusieurs associations, Abdellah transforme un terrain de sport en refuge improvisé. Quand les places manquent, les bénévoles installent des tentes près de la mosquée de Sidi Embarek.
Un camp de 900 personnes avant les urnes
Au fil de deux mois, entre 800 et 900 femmes et mineurs passent par ce dispositif, selon un reportage de RTVE. Des associations et des bénévoles distribuent repas, vêtements et produits d’hygiène. Sa mère coordonne une partie de l’accueil. Un enfant marocain de trois ans y avait dormi sur une couverture étendue à même le sol.
Après le transfert des dernières personnes vers une installation officielle, début octobre, Abdellah prend quelques jours de repos. Plusieurs propositions politiques avaient été déclinées. Cette fois, il accepte de se présenter, en conservant son statut d’indépendant.
Il souhaite porter au Sénat les problèmes de logement, de pauvreté et de chômage dans les quartiers périphériques de Ceuta. Une revendication nourrie par son expérience personnelle : faute de logement abordable à Sidi Embarek, il vit désormais en location à El Príncipe avec son épouse.