Nîmes : menotté, un Marocain tente de fuir la police avant son expulsion - huit mois ferme
Alors qu’il était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), un jeune Marocain de 24 ans a tenté de s’évader du commissariat de Nîmes. Jugé en comparution immédiate au tribunal judiciaire de la ville lundi, il a tenté de justifier son acte.
« Je voulais pas rentrer au Maroc ». C’est en ces termes que le prévenu a expliqué sa tentative d’évasion commise le 13 novembre, sur le parking du commissariat de Nîmes. Il était soumis à une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Alors que trois policiers le conduisaient à l’aéroport, l’homme, menotté dans le dos, a tenté de s’enfuir, rapporte Midi Libre. Il a donné un coup violent à l’un des policiers. Dans la foulée, il passe le portail avant de terminer sa course sur une voiture à l’arrêt, à quelques mètres seulement de l’hôtel de police. Arrêté, il a été reconduit dans les locaux de l’hôtel de police.
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Fabien Chenevier, qui a présidé l’audience du jour, a cherché à comprendre son acte, surtout pourquoi il a plongé la tête la première, fissurant le pare-brise. Le conducteur a d’ailleurs déposé plainte et s’est constitué partie civile. « Je voulais me suicider, j’ai trop de problèmes au Maroc », rétorque le prévenu. À l’en croire, il est notamment la cible d’un système mafieux au Maroc. « On pourrait croire que je fuyais les policiers, mais c’est mon passé que je fuyais. Si vous me renvoyez là-bas, je vais me suicider », menace à nouveau celui qui est arrivé en France depuis un an. Il explique avoir fait une demande de visa pour rejoindre la Slovénie.
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Un discours différent de celui qu’il a servi aux policiers lors de sa garde à vue. Il a affirmé ne pas savoir où ils le conduisaient, et que c’est ce qui explique son mouvement de panique. « Pendant mes trois jours de rétention, j’ai demandé un avocat et un interprète », soutient-il. Son avocate, Lauriane Dillenseger, prend sa défense. « Il a peut-être signé la notification de l’OQTF, mais il ne l’a pas forcément comprise », assure-t-elle. Elle plaide la relaxe totale pour son client. Insuffisant pour convaincre la procureure Charlotte Cerna. Elle rappelle la « mauvaise foi » du prévenu après le choc avec la voiture. « Il va jusqu’à faire semblant lors de son hospitalisation, en simulant des troubles de la conscience », a-t-elle précisé.
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La procureure requiert huit mois de prison, un maintien en détention et une interdiction de territoire français pour une durée de dix ans. Le tribunal a suivi ces réquisitions. Le jeune Marocain est retourné en prison.