Pegasus : un ancien patron du renseignement français prend la défense du Maroc

- 07h00 - France - Ecrit par : S.A

Bernard Squarcini, ancien directeur du renseignement intérieur français affirme que « le Maroc n’a aucun intérêt à faire espionner Emmanuel Macron » à l’aide du logiciel israélien Pegagus. Il compte sur l’enquête judiciaire technique et internationale qui sera menée pour élucider cette affaire.

« Le Maroc n’a aucun intérêt à faire espionner Emmanuel Macron », a déclaré Bernard Squarcini, ancien directeur du renseignement intérieur français dans une interview accordée au journal Le Point qui le présente d’ailleurs comme proche des services secrets marocains. Selon lui, le royaume dispose d’un appareil sécuritaire efficace et adapté aux différentes menaces. « Au sein du ministère de l’Intérieur, la priorité est mise sur la lutte antiterroriste à caractère islamiste, avec l’appui de deux grands services : la DGED et la DGST, fait-il savoir.
L’enquête devra déterminer si un de ces services a acquis le logiciel, et si oui, lequel. Qui était le destinataire final ? On en est encore aujourd’hui à de simples hypothèses et suppositions ».

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D’après l’enquête de Forbidden Stories et de ses partenaires, le Maroc aurait ciblé les numéros de téléphones de 10 000 personnes (chefs de gouvernement, personnalités politiques, journalistes, militants, avocats) notamment le président français. « On ne dispose aujourd’hui que d’une enquête d’investigation journalistique sur l’entreprise NSO. L’enquête judiciaire, technique et internationale n’a pas encore commencé. […] On évoque des soupçons, une orientation, mais il n’y a pas, à ce stade, de preuve réelle et le raccourci est rapide, trop simple », a commenté Bernard Squarcini, appelant à la plus grande prudence avant de porter un quelconque jugement. « Ce listing confus de numéros, sorte d’inventaire à la Prévert, nous incite à faire preuve de la plus grande prudence en attendant les résultats des investigations judiciaires,  » a-t-ajouté.

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« Le logiciel israélien est vendu par le ministère de la Défense israélien à un ou des États amis, explique l’ancien patron de la DRCI. Mais est-il toujours entre les mains d’un service régalien ou est-il repassé, tel un mistigri, entre les mains d’une boîte privée ? Le véritable problème dans cette affaire, c’est l’absence de suivi après-vente et de contrôle déontologique ».

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