Polygamie et mariage de la Fatiha : le grand désordre des sites de rencontre marocains
Le phénomène des pages proposant des services de médiation pour le « mariage de la Fatiha » ou la polygamie prend une ampleur inédite sur les réseaux sociaux au Maroc. Cette situation a poussé un parlementaire à interpeller officiellement le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, via une question écrite.
Le député Abderrahmane Ouafa (PAM) dénonce une « croissance inquiétante » de comptes et de plateformes qui s’érigent en intermédiaires matrimoniaux sans aucun cadre légal. Ces pages ne se contentent plus de mettre des personnes en relation ; elles promeuvent activement la polygamie et le mariage coutumier (Fatiha), allant jusqu’à promettre de « faciliter les procédures » pour contourner les règles strictes du Code de la famille.
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Sur le terrain, ces courtiers interviennent de plus en plus dans la préparation des dossiers juridiques, un domaine qui devrait normalement rester sous le contrôle exclusif de la justice. En présentant ces services comme une alternative « rapide et simplifiée », ils ciblent principalement des femmes en situation de précarité.
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Au-delà de l’aspect moral, cette pratique soulève de graves enjeux juridiques. Abderrahmane Ouafa souligne les risques de contournement systématique des dispositions légales, ce qui fragilise les droits des premières épouses mais aussi ceux des enfants nés de ces unions informelles.
Le député pointe également du doigt des infractions potentielles relevant du Code pénal, telles que :
• Le courtage matrimonial illégal.
• L’usurpation de fonction.
• La manipulation des procédures administratives et judiciaires.