« Nous ne pouvons pas nous comparer » : le patron de Dacia impressionné par le Maroc

- 05h00 - Maroc - Ecrit par : Mohamed A.

Les usines Renault au Maroc bénéficient d’un avantage considérable sur leurs homologues roumaines. Selon Mihai Bordeanu, patron de Dacia en Roumanie, l’énergie y coûte moins de la moitié du prix roumain. Le dirigeant salue également la rapidité avec laquelle le Maroc a développé ses infrastructures industrielles.

« Moins de la moitié du prix roumain. » C’est la comparaison frappante livrée par Mihai Bordeanu sur le coût de l’énergie dans les usines Renault au Maroc. Interrogé par le média économique roumain Economedia, le 14 octobre, le patron de Dacia en Roumanie ne cache pas son admiration pour les conditions offertes au constructeur français dans le royaume. Et l’électricité n’est pas le seul avantage qu’il relève.

Sur Bladi.net : Renault au Maroc : les avantages ont un prix

« L’usine au Maroc a bénéficié d’un soutien gigantesque, énorme, incomparable de la part des dirigeants de l’État marocain. Nous ne pouvons pas nous comparer », affirme-t-il. Le responsable industriel évoque notamment des infrastructures de transport construites à une vitesse exceptionnelle pour accompagner l’implantation de Renault.

De la sortie des chaînes de production jusqu’au chargement des véhicules sur les navires, tout a été organisé pour accélérer les exportations. Routes, autoroutes et installations portuaires forment un ensemble que Bordeanu cite en exemple. Une organisation qui fait aujourd’hui la force de l’écosystème industriel de Renault à Tanger, où les véhicules peuvent rejoindre directement le port de Tanger Med par voie ferroviaire.

La Roumanie doit réduire ses coûts de 20 à 30 %

La comparaison intervient à un moment délicat pour l’usine Dacia de Mioveni, en Roumanie. François Provost, directeur général de Renault Group, lui demande de réduire ses coûts de production d’au moins 20 %, avec un objectif pouvant atteindre 30 %. Une ambition que Mihai Bordeanu juge réalisable, mais à condition que les pouvoirs publics roumains accompagnent l’industrie automobile.

Sur Bladi.net : Les Français achètent la Sandero, le Maroc la fabrique

Le dirigeant réclame notamment une accélération de la construction des autoroutes, une modernisation des voies ferrées et des investissements dans le port de Constanța. Il souhaite aussi une baisse des coûts de l’énergie et du gaz pour l’ensemble des équipementiers. Car un fournisseur qui paie son énergie trop cher ne peut pas, explique-t-il, proposer des pièces suffisamment compétitives aux constructeurs.

L’enjeu est également l’avenir des Dacia Duster et Bigster, actuellement fabriqués à Mioveni. Interrogé sur le risque de perdre la production de leurs prochaines générations, Mihai Bordeanu répond que « toutes les options sont sur la table ». Il précise toutefois qu’aucune décision n’a été prise. Le plan de réduction des coûts reste à construire avec les fournisseurs et les autorités roumaines, avec 2030 pour horizon. Aucun transfert de production vers le Maroc n’est annoncé.