Quand la première génération d’immigrés se veut plus progressiste que la jeunesse
Aux Pays-Bas, un fossé grandit entre les premiers immigrés marocains et leurs petits-enfants. Si les aînés ont bâti leur vie avec résilience, la jeunesse, pourtant née sur le sol néerlandais, se sent tiraillée, discriminée et rejetée par la société.
Le contraste générationnel s’avère saisissant lors d’un échange organisé dans la province de Frise et diffusé par WNL. Les anciens travailleurs, arrivés au siècle dernier avec un simple sac de voyage pour fonder une existence prospère, peinent à comprendre le mal-être de leurs descendants qui ont hérité de ces opportunités.
Sur Bladi.net : Espagne : Après le collège, beaucoup de Marocains quittent l’école pour travailler
De leur côté, des jeunes nés dans le pays, comme Nasser ou Bilal, expriment un profond déracinement. Coincés entre deux cultures, confrontés à un racisme décomplexé à l’école ou face à l’emploi, ils affirment ne se sentir chez eux nulle part, estimant qu’à compétences égales, la préférence nationale prime toujours.
Les aînés reconnaissent que le climat s’est détérioré. Autrefois perçus comme une main-d’œuvre indispensable à la construction du pays, les Marocains sont aujourd’hui considérés comme des concurrents, dans un contexte marqué par l’essor politique de l’extrême droite. Malgré ces obstacles, les anciens exhortent les jeunes à refuser toute victimisation.
Ils les invitent plutôt à s’inspirer des réussites de la diaspora, qui compte désormais des maires, des médecins et des avocats. Mustapha, 81 ans, rappelle avec fermeté les avantages dont bénéficie la nouvelle génération en matière d’éducation et de santé : « Nous sommes venus ici avec rien […] Mais vous êtes nés ici. Vous ne manquez de rien ».
Sur Bladi.net : La dure réalité des Marocains des Pays-Bas
Ces pionniers, paradoxalement plus progressistes, identifient la stricte éducation religieuse et la préoccupation constante des interdits comme des freins majeurs à l’intégration. Akil, 78 ans, dresse un constat sévère sur ce repli identitaire face à des jeunes qui s’isolent : « Certaines personnes habitent ici, mais elles vivent au Maroc ».