La présidente disait « no go » au modèle marocain, six mois plus tard il revient dans le débat

- 12h00 - Sport - Ecrit par : Mohamed A.

Au Suriname, Maisha Neus propose de s’inspirer du droit marocain pour protéger les footballeurs binationaux installés aux Pays-Bas. Une idée que la présidente Jennifer Simons avait pourtant catégoriquement rejetée six mois plus tôt, au nom de la souveraineté nationale.

Le Maroc se retrouve au centre d’une controverse sur la nationalité au Suriname, petit pays d’Amérique du Sud dont de nombreux ressortissants vivent aux Pays-Bas. Dans une tribune publiée le 4 novembre par GFC Nieuws, Maisha Neus appelle son pays à adopter un système inspiré du droit marocain : transmettre automatiquement la nationalité dès la naissance aux enfants de ressortissants établis à l’étranger.

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Cette proposition intervient après plusieurs mois de difficultés pour les footballeurs néerlando-surinamais. Certains ont perdu leur nationalité néerlandaise après avoir acquis celle du Suriname pour représenter sa sélection. Jean-Paul Boëtius, notamment, a dû restituer son passeport néerlandais. D’autres joueurs, comme Tjaronn Chery et Virgil Misidjan, ont engagé des démarches pour récupérer leur nationalité.

Le 8 septembre 2026, le Parlement surinamais avait adopté une réforme permettant d’attribuer la nationalité aux sportifs de la diaspora par décision présidentielle. Mais le ministère néerlandais de la Justice continue d’examiner chaque situation individuellement. Selon les explications recueillies par la NOS, l’attribution automatique prévue par une législation étrangère ne suffit pas à elle seule à écarter les règles néerlandaises sur la perte de nationalité.

Le système marocain présenté comme une solution

Maisha Neus prend alors l’exemple du Maroc. L’article 6 du Code de la nationalité marocaine prévoit qu’un enfant né d’un père ou d’une mère marocaine est marocain. Cette nationalité existe dès sa naissance, y compris lorsque celle-ci intervient à l’étranger.

Pour l’auteure, ce mécanisme offre une piste au Suriname. Elle propose d’étendre la nationalité par filiation aux personnes ayant un parent ou un grand-parent surinamais, avec effet dès la naissance. L’administration serait chargée d’attester cette nationalité, tandis que les intéressés pourraient y renoncer volontairement. Elle souhaite également distinguer la nationalité des droits électoraux liés à la résidence.

La présidente avait écarté l’exemple marocain

Le 19 avril 2026, Jennifer Simons avait pourtant exprimé une opposition catégorique à cette approche. Interrogée sur la situation des footballeurs de la diaspora, la présidente surinamaise avait qualifié le modèle marocain de « no go ».

Selon le communiqué publié par la présidence du Suriname, Jennifer Simons estimait qu’une telle politique risquerait de remettre en cause la souveraineté du pays. Elle refusait notamment que les personnes vivant à l’étranger disposent des mêmes droits que les citoyens nés et installés au Suriname.

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Dans sa nouvelle proposition, Maisha Neus répond précisément à cette objection en suggérant de rattacher le droit de vote à la résidence. Elle réclame également des consultations officielles avec les autorités néerlandaises, une adaptation des accords bilatéraux sur la nationalité et une assistance juridique aux footballeurs ayant déjà perdu leur passeport néerlandais.