On leur promet des papiers en Espagne, deux Marocains racontent 17 heures de travail et des nuits au sous-sol

- 09h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Ils espéraient un bon salaire et une régularisation en Espagne. Deux Marocains racontent avoir travaillé jusqu’à 17 heures par jour dans un établissement de Cantabrie, avant de dormir sur des matelas installés au sous-sol. La Guardia Civil enquête sur deux personnes soupçonnées de traite humaine.

Les offres promettaient des rémunérations supérieures à celles pratiquées dans la restauration et des démarches pour obtenir des papiers. Attirés par ces conditions, les travailleurs ont rejoint un établissement près de Mioño, dans le nord de l’Espagne. Ils décrivent une réalité toute différente.

Leur journée pouvait débuter vers 7 heures du matin et se prolonger après minuit, avec un seul jour de repos par semaine. Aux tâches du restaurant s’ajoutaient des services personnels demandés par les responsables. Le soir, les deux Marocains partageaient des matelas dans le sous-sol du commerce.

Sur Bladi.net : Espagne : deux Marocains réduits à l’état d’esclavage

Selon la communication de la Guardia Civil reproduite par Tribuna Benemérita, ils n’étaient pas inscrits à la Sécurité sociale. Certains jours, ils n’auraient rien reçu ; les paiements occasionnels restaient très inférieurs aux sommes promises.

Des menaces dénoncées, puis une enquête pour traite

Plusieurs personnes entendues ont également dénoncé des agressions physiques, des menaces et des traitements humiliants. Des caméras installées à l’intérieur auraient servi à surveiller les employés, selon les déclarations transmises aux enquêteurs.

L’affaire a commencé à émerger en octobre 2024, lorsqu’une personne a sollicité la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR). Après ses premiers entretiens, la Guardia Civil a rapproché d’autres plaintes déposées dans différentes provinces. Les deux Marocains ont été entendus en Biscaye.

Les enquêteurs ont relevé des indices permettant de les identifier comme victimes potentielles de traite à des fins d’exploitation professionnelle. Le parquet spécialisé de Cantabrie a estimé les éléments suffisants pour saisir la justice.

Le commerce, fermé temporairement pour des raisons sanitaires, a ensuite été cédé. Le dossier a été transmis au tribunal de Castro-Urdiales. La Guardia Civil rappelle que les victimes potentielles peuvent recevoir aide et protection, même sans titre de séjour.