Racisme et « double allégeance » : Le calvaire des policiers d’origine marocaine à Bruxelles
Pendant seize mois, des chercheuses ont infiltré les commissariats de Bruxelles pour analyser le rapport des forces de l’ordre à la diversité. Leurs conclusions dévoilent une méfiance structurelle et un racisme banalisé au sein des effectifs.
Face à la multiplication des décès de citoyens lors d’interventions, impliquant souvent des personnes d’origine étrangère, les chercheuses Maïté Maskens et Nawal Bensaïd ont mené une enquête de terrain inédite. D’après Le Soir, elles ont partagé le quotidien de plusieurs brigades de la capitale belge entre 2023 et 2025. Ce vaste travail montre l’incapacité de l’institution à gérer une pluralité pourtant omniprésente dans la métropole.
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Si les agents issus de l’immigration sont bien représentés aux premiers échelons, un blocage hiérarchique les écarte systématiquement des postes de direction. À ce plafond de verre s’ajoute une puissante défiance de leurs collègues. Le rapport pointe des soupçons constants de « double allégeance » : ces fonctionnaires sont souvent perçus comme trop indulgents avec leur communauté, ce qui les contraint parfois à afficher « une rigueur excessive » pour prouver leur impartialité.
L’étude met également en lumière un racisme ordinaire massivement camouflé sous le vernis de la plaisanterie. Accepter ces blagues stigmatisantes constitue un véritable rite d’intégration tacite, sous peine de marginalisation immédiate. Cette dynamique impose une asymétrie brutale au sein des équipes puisque, comme le soulignent les auteures, « l’homme blanc, lui, ne fait jamais l’objet de moquerie ».
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Plus alarmant encore, l’observation révèle une « tentation du racisme » totalement assumée par certains agents, dont les biais cognitifs finissent par associer mécaniquement délinquance et origines. Pour inverser cette tendance, les chercheuses réclament des sanctions fermes et des formations adaptées, estimant que les politiques universalistes actuelles pour lutter contre les discriminations demeurent beaucoup « très timides ».