Commerçant le temps d’un séjour au bled !

- 17h18 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Approchez ! Il n’en reste pas grand-chose, des poêles de bonne qualité à seulement 40DH ». C’est ainsi que Rachid interpelle les passants. Ce dernier est loin d’être un simple vendeur ambulant comme on en rencontre partout dans les villes marocaines. Sa particularité ? Il est un ressortissant marocain résidant à l’étranger, plus précisément à Turin en Italie.

Depuis quelques années déjà, Rachid s’adonne à ce commerce dans sa ville natale Casablanca, une activité qui, selon lui, génère des sommes d’argent considérables. « Quand je rentrais l’été pour passer mes vacances, je remarquais que les consommateurs marocains avaient un engouement particulier pour les produits importés d’Europe. C’est ainsi que j’ai décidé de tenter ma chance dans le commerce. Actuellement, on peut dire que je fais dans l’import/export ! » A son arrivée en Italie, Rachid pratique de nombreux petits boulots mais il va opter finalement pour le commerce.

Il a fini par investir toutes ses économies dans le domaine. Aujourd’hui, il affirme qu’il a fait le bon choix. « J’effectue des allers et retours tout au long de l’année pour commercialiser divers produits. Je vends le plus souvent des ustensiles, des vêtements mais également des produits électroménagers avec un bon rapport qualité/ prix », explique Rachid. Même si les services de la douane ont adopté des mesures plus restrictives ces dernières années, il dit que son expérience lui permet de trouver à chaque fois le moyen pour faire rentrer sa marchandise...

Rachid n’est pas le seul parmi la communauté marocaine résidente à l’étranger à pratiquer le commerce au Maroc. Nombreux sont les MRE qui décident de joindre l’utile à l’agréable durant les vacances en s’adonnant à des commerces qui vont de l’électroménager aux voitures en passant par les produits alimentaires et les vêtement.

Certains parmi les MRE ont comme lieu de prédilection Derb Ghallef, l’un des plus grands quartiers commerçants de la métropole. C’est le cas de Hassan qui est établi en France. Quelques années auparavant, un ami lui propose de s’associer à lui. Cette première expérience a eu un succès tel qu’il a décidé de revenir à la charge l’année suivante mais en solo cette fois-ci. « Après la première expérience, j’ai été surpris car je ne m’attendais pas à un succès du commerce. On est parvenu, mon associé et moi, à écouler toute la marchandise en quelques jours. Aujourd’hui, je suis épaulé par mes deux enfants qui reçoivent une partie des revenus à la fin de vacances », témoigne Hassan.

Le choix de Derb Ghallef n’est pas anodin. Le quartier attire quotidiennement des milliers de clients avides des bonnes affaires. « On essaye de proposer à notre clientèle des produits de bonne qualité avec des prix abordables. Les produits européens ont une excellente notoriété. C’est pour cette raison que la majorité de la marchandise est écoulée dans un bref délai », ajoute t-il. Hassan ne se limite pas à l’import des produits. Pour lui il n’est pas question de laisser filer l’occasion de sa présence au Maroc sans acquérir des produits d’artisanat pour les commercialiser ensuite dans son pays d’accueil. En effet, si les affaires marchent bien pour Hassan au Maroc, elles le sont encore davantage en France. Le prix de vente de ces produits est multiplié par deux sinon plus, principalement à des clients français et européens. « Les produits d’artisanat sont très prisés et trouvent facilement preneur en Europe.

La marge du bénéfice est plus importante puisque ces produits sont acquis à des prix bas au Maroc », explique Hassan. Pourtant, ses enfants sont plus intéressés par les produits des grandes marques qui circulent sur le marché. T-shirt Prada, lunettes Dolce&Gabanna et les baskets Nike les attirent plus. Ils vont même jusqu’à débourser une partie non négligeable de leurs revenus dans l’achat de ces produits. Bien évidemment, il s’agit de produits contrefaits qui sont proposés à des prix dérisoires par rapport aux prix en Europe. « Vous voyez le maillot d’Arsenal que je porte. Je l’ai acheté pour seulement 150 DH.

En Europe, ce maillot est vendu minimum à 600 DH. L’écart est considérable. Et c’est le cas aussi pour les articles pour femmes. Un sac Luis Vuitton par exemple coûte ici 60DH, mais en France il peut coûter des centaines d’euros », déclare Amine 23 ans, le fils aîné de Hassan. Si les uns choisissent Derb Ghallef, d’autres optent plutôt pour Hay Mohammadi. Cependant, chacun se spécialise dans un créneau particulier.

Abelilah qui vit en France depuis plus de 20 ans, profite de ses nombreux allers et retours au cours de l’année pour pratiquer un autre commerce. En effet, la vente des ustensiles et autres produits de grande consommation n’intéresse que très peu Abelilah. Il fait plutôt dans la livraison. Un créneau qu’il dit très peu exploité par les MRE. « Cela fait une vingtaine d’année que je transporte des colis et du matériel de toutes sortes aux familles des MRE moyennant une somme d’argent. Bien évidemment, mes tarifs sont moindres par rapport à ceux des entreprises de transport et de livraison », affirme Abdelilah qui effectue des livraisons dans les quatre coins du Maroc. Son commerce connaît pendant l’été une période de disette puisque la plupart des MRE rentrent au Maroc et transportent eux-même leurs colis, mais durant le reste de l’année il est très sollicité par ces clients.

Ses revenus lui ont même permis d’acheter une fourgonnette toute neuve. « Pour réussir dans ce domaine, il faut acquérir la confiance des clients et surtout faire preuve de beaucoup de patience car sillonner quatre ou cinq villes marocaines au cours de l’année est très fatiguant », dit Abdelilah qui s’apprête à partir à Meknès où il doit livrer deux colis.

Ainsi, les vacances des MRE servent certes à renouer le contact avec le pays, la famille et les proches, mais elles peuvent également générer des bénéfices ou au moins couvrir les charges du séjour. C’est ce qu’on pourrait appeler faire d’une pierre deux coups !

Source : Le Matin - Mohamed Badrane

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