Sahara /Algérie : « Il n’y aura pas de solution négociée avec le Maroc »

16 mars 2003 - 14h18 - Maroc - Ecrit par :

La porte-parole du gouvernement, Khalida Toumi, a saisi l’occasion de son passage hier au forum « Fatour Essabah », organisé hebdomadairement par le journal El Khabar, pour apporter une mise au point aux dernières déclarations du général à la retraite Khaled Nezzar.
« Le conflit du Sahara n’est pas une affaire entre l’Algérie et le Maroc, mais c’est une question qui relève des compétences des Nations unies », a-t-elle en effet tenu à souligner.

Une institution qui, selon ses termes, « a pour mission d’organiser un référendum d’autodétermination ».

Une fois ces élections organisées, « les Sahraouis sont libres de choisir entre l’indépendance ou s’intégrer dans l’Etat marocain », renchérit-elle avant de faire savoir qu’en Algérie, il existe un consensus national autour de deux questions : la Palestine et le Sahara. L’Algérie, faut-il le préciser, a de tout temps milité pour le droit à l’autodétermination des deux peuples.

Rappelons que Khaled Nezzar est allé, durant l’entretien accordé à La Gazette du Maroc, jusqu’à suggérer aux Sahraouis de renier les vingt-cinq années de combat contre les forces coloniales du royaume chérifien. « Je pense que la meilleure des solutions serait d’aller vers la thèse du ni perdant ni gagnant. Il faut trouver la formule adéquate permettant d’intégrer les Sahraouis, rejoindre le pays dans le cadre d’une entente », confie-t-il au journaliste de La Gazette du Maroc. Et d’ajouter : « De toute manière, l’Algérie n’a pas encore besoin d’un nouvel Etat à ses frontières.

La création de l’espace maghrébin aidera sans aucun doute à une sortie de cette impasse. » « Faux », lui rétorque Khalida Toumi. Pour elle la construction de l’ensemble maghrébin est assujettie au règlement du conflit sahraoui sur la base des résolutions des Nations unies. « Le renforcement et l’accélération du processus de l’édification de l’espace maghrébin est tributaire de la satisfaction du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers une application honnête du plan de paix des Nations unies », relève-t-elle, avant de préciser que ce plan de paix a été ratifié par les deux parties en conflit lors des accords de Houston en 1991.

Est-ce la même réponse réservée par les autorités algériennes aux propositions de James Baker, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan ? La porte-parole du gouvernement ne souffle mot à ce sujet. Mais en tout état de cause, dit- elle, la position de l’Algérie est connue. Elle a été réitérée, indique-t-elle, par le Président Bouteflika dans la dernière lettre qu’il a envoyée au Président français Jacques Chirac. Par ailleurs, la porte-parole du gouvernement a réfuté la thèse selon laquelle l’ancien ministre de la Défense est mandaté par la hiérarchie militaire ou une autre institution de l’Etat pour parler de la question sahraouie. « C’est un avis exprimé par un citoyen, et tout citoyen a droit à l’expression dans un Etat démocratique », indique-t-elle non sans avertir que « quand il s’agit de secret d’Etat, l’obligation de réserve est de mise ».

Nadir Benseba - Le Matin Alger

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