France : une saisonnière marocaine dénonce l’esclavage moderne

- 17h00 - France - Ecrit par : G.A

Une Marocaine vient de prendre la fuite d’une exploitation agricole suite à des faits qu’elle qualifie d’esclavage moderne. Âgée de 44 ans, elle travaillait dans des champs de fraises dans la région du Lot-et-Garonne.

C’est sur la place de Puymirol que la Confédération générale du travail (CGT), en présence de Fatima a donné une conférence de presse, dénonçant les travers d’un contrat qui aurait pu virer au drame, si elle n’avait pas pris la décision de se sauver en pleine nuit.

L’aventure de Fatima commence au début du printemps dernier lorsqu’elle reçoit un coup de fil d’Aziza, une connaissance qui vit en France. Elle lui offre la chance de sa vie, elle qui vit dans une campagne reculée du Maroc : celle de venir faire la récolte de fraises. Aziza, qui est cheffe de culture dans une exploitation de Tayrac, lui propose environ 1500 euros par mois et s’occupe de tous les papiers. Convaincue que ce serait une bonne affaire, Fatima accepte le deal. Elle arrive à Tayrac avec plusieurs autres Marocaines. Toutes sont logées dans des mobile homes. Mais la jeune femme va très vite déchanter, rapporte francetvinfo.

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Elle affirme qu’elle a dû travailler 7 jours sur 7 pendant 2 mois. « On travaillait tous les jours sans repos, de 7 heures à midi, parfois jusqu’à 15 heures, et on reprenait l’après-midi jusqu’à 17 heures », confie-t-elle. Ce qu’elle vivait était bien loin de ce que la cheffe de culture Aziza lui avait fait miroiter. « Les jours de repos on les a eus quand il y avait moins de fraises à ramasser fin juin, début juillet. Ils nous donnaient parfois un samedi ou un dimanche sinon c’était 7 jours sur 7 ».

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Exaspérée par les conditions, elle profite de la fête de l’Aïd pour s’enfuir en pleine nuit. Elle trouve refuge chez un membre de sa famille à Toulouse. Remise de ses émotions, elle entre en contact avec la CGT et leur fait le récit de ce qu’a été sa vie dans ce champ de fraises : travail intensif, épuisement, douleurs aux jambes, insultes. Même Aziza qui lui a trouvé cette opportunité est devenue son bourreau. « Aziza disait que je ne ramassais pas assez vite, que je ne remplissais pas assez de plateaux. Elle me criait dessus tellement fort que ça me terrorisait » affirme Fatima.

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L’autre aspect qui rendait le travail encore plus difficile, ce sont les frais qui n’étaient pas prévus lors de la signature du contrat. Il s’agit des frais d’avion, des frais de location du mobile home qui s’élèvent à 150 euros par mois, et 100 euros par mois pour les courses…

L’union locale CGT de l’Agenais n’est pas à son premier cas. « Nous voulons alerter les pouvoirs publics sur certains agissements inacceptables. C’est souvent très difficile pour ces gens-là, isolés, de pouvoir prendre la parole et défendre leurs droits » explique Benoît Roussel, militant de l’Union locale CGT d’Agen.

À la conférence de presse organisée par le syndicat, dimanche 1ᵉʳ août, il y avait également Arielle Pianegonda et Éric Tovo, propriétaires de l’exploitation. Il y avait d’autres agriculteurs venus les soutenir. « Je vais vous attaquer pour dénonciation calomnieuse et préjudice moral ! » lance Eric Tovo aux représentants de la CGT suite au tract l’accusant de mauvais traitements.

Après la conférence de presse, Fatima est allée déposer plainte à la gendarmerie de la commune pour travail dissimulé. « C’est une diffamation portée par la CGT » s’insurge Eric Tovo. « C’est normal qu’ils défendent les salariés, je déplore simplement qu’ils ne soient pas venus sur notre exploitation visiter les installations. Les travailleuses sont logées dans les meilleures conditions possibles, notre objectif est de les faire toutes revenir l’année prochaine ! »

Eric Tovo devrait être entendu par les gendarmes cette semaine. Il compte à son tour déposer plainte pour diffamation.

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